Au sein de EpiMaCT, Kouame Tchankoni a exploré l'épidémiologie de l'artériopathie oblitérante des membres inférieurs au Togo.
L'Essentiel : Au sein de EpiMaCT, Kouame Tchankoni a exploré l'épidémiologie de l'artériopathie oblitérante des membres inférieurs au Togo.
Kouame Tchankoni, chercheur·e au sein de EpiMaCT (Institut de Recherche pour le Développement).
Thèse soutenue en 2024 à l'école doctorale École doctorale Ω-LIM-Biologie-Chimie-Santé (Limoges ; 2022-).
Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.
L'artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) représente un problème de santé publique de plus en plus préoccupant en Afrique subsaharienne, et plus particulièrement au Togo. Avec une prévalence alarmante estimée à 16,3% de la population, cette pathologie est souvent sous-diagnostiquée, ce qui entraîne des complications graves, parmi lesquelles figurent les amputations non traumatiques des membres inférieurs. Ce phénomène est d'autant plus inquiétant dans un contexte où les données épidémiologiques sur l'AOMI sont rares, rendant ainsi difficile la mise en place de stratégies de prévention et de traitement efficaces. La thèse de Kouame Tchankoni vise à combler ce vide en fournissant des données précises et en proposant des recommandations concrètes pour améliorer la prise en charge des patients.
La recherche a mis en place un registre national des amputations, un outil essentiel qui permettra un suivi prospectif des patients. Ce registre est crucial pour collecter des données fiables et actualisées sur l'AOMI et les amputations au Togo. En effet, sans données précises, il est pratiquement impossible de comprendre l'ampleur du problème et d'élaborer des politiques de santé adaptées. Les résultats préliminaires issus de ce registre révèlent une incidence alarmante des amputations, soulignant l'urgence d'une intervention. Les recommandations formulées incluent la mise en place de politiques de dépistage précoce et de gestion de l'AOMI, ainsi qu'un système de collecte systématique de données. Ces mesures visent à améliorer la gestion des patients à risque et à réduire les coûts des soins de santé, qui sont souvent prohibitifs pour une grande partie de la population.
Les défis à relever sont nombreux et complexes. Le manque de sensibilisation à l'AOMI est un obstacle majeur. Beaucoup de personnes ne connaissent pas les symptômes de cette maladie, ce qui retarde leur consultation médicale. De plus, l'accès limité aux soins de santé, notamment dans les zones rurales, complique encore la situation. La nécessité d'une formation adéquate des professionnels de santé est également cruciale. Sans une formation appropriée, les médecins et les infirmiers peuvent passer à côté de cas d'AOMI, aggravant ainsi la situation des patients. Il est impératif d'agir rapidement pour éviter que la situation ne s'aggrave.
La mise en œuvre de programmes de sensibilisation et de formation pourrait transformer la manière dont l'AOMI est perçue et traitée. Par exemple, des campagnes de sensibilisation dans les communautés pourraient aider à éduquer la population sur les facteurs de risque de l'AOMI, tels que le diabète et l'hypertension, et sur l'importance d'un dépistage précoce. Les décideurs doivent prendre conscience de l'impact économique et social de cette pathologie et agir en conséquence. En effet, les amputations entraînent non seulement des coûts médicaux directs, mais aussi des pertes de productivité et des impacts psychologiques sur les patients et leurs familles.
En somme, cette recherche met en lumière la nécessité d'une approche systématique et intégrée pour lutter contre l'AOMI et ses complications. Le registre national des amputations pourrait devenir un modèle pour d'autres pays de la région, permettant une meilleure gestion des maladies cardiovasculaires et une amélioration de la qualité de vie des patients. En outre, il serait judicieux d'envisager des collaborations avec des organisations internationales pour renforcer les capacités locales en matière de recherche et de traitement de l'AOMI.
Il est essentiel que les gouvernements et les acteurs de la santé publique prennent des mesures proactives pour intégrer la lutte contre l'AOMI dans leurs politiques de santé. Cela pourrait inclure la création de centres spécialisés pour le traitement de l'AOMI, la formation continue des professionnels de santé, et l'amélioration de l'accès aux soins pour les populations vulnérables. En fin de compte, une action concertée et déterminée est nécessaire pour inverser la tendance actuelle et améliorer la santé des populations en Afrique subsaharienne face à cette menace croissante.
Données clés
- 16,3% : Prévalence de l'AOMI en Afrique subsaharienne, indiquant l'ampleur du problème de santé publique.
- Incidence élevée : Indique le nombre croissant d'amputations des membres inférieurs au Togo sur six ans.
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Sources et accès
Kouame Tchankoni. Épidémiologie de l’Artériopathie des Membres Inférieurs en Afrique subsaharienne avec focus sur les amputations des membres inférieurs au Togo. Médecine humaine et pathologie. Université de Limoges; Université de Lomé (Togo), 2024. Français. ⟨NNT : 2024LIMO0086⟩. ⟨tel-05004531⟩
