Au sein de BPH, Shino Arikawa a exploré l'efficacité de la chimioprévention du paludisme au Togo.
L'Essentiel : Au sein de BPH, Shino Arikawa a exploré l'efficacité de la chimioprévention du paludisme au Togo.
Shino Arikawa, chercheur·e au sein de BPH (Université de Bordeaux).
Thèse soutenue en 2025 à l'école doctorale Sociétés, Politique, Santé Publique.
Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.
La lutte contre le paludisme au Togo nécessite une approche intégrée et pragmatique, tenant compte des réalités locales et des défis spécifiques auxquels le pays est confronté. La thèse de Shino Arikawa, réalisée à l'Université de Bordeaux, met en lumière les défis et les opportunités liés à la chimioprévention du paludisme pérenne (CPP) dans le district de Haho, une région particulièrement touchée par cette maladie. En intégrant la chimioprévention au programme de vaccination élargi, l'étude vise à évaluer son efficacité dans des conditions réelles, ce qui est crucial pour la mise en œuvre de politiques de santé publique adaptées.
Les résultats de l'étude sont préoccupants et soulèvent des questions fondamentales sur l'accès aux soins de santé. En effet, 16% des enfants de moins de deux ans n'ont pas reçu de vaccination de routine, et 12.6% des enfants âgés de 16 à 23 mois sont restés non immunisés après deux ans de mise en œuvre du projet. Ces chiffres alarmants mettent en lumière l'importance d'améliorer l'accès aux soins de santé pour les enfants vulnérables, souvent appelés 'zéro dose'. Ces enfants, qui n'ont pas reçu les vaccinations de base, sont particulièrement exposés aux risques de maladies évitables, y compris le paludisme.
La méthodologie adoptée par Arikawa repose sur des analyses de cohortes, permettant d'évaluer la charge de paludisme et la couverture vaccinale. Cette approche méthodologique est essentielle pour comprendre les dynamiques de la maladie et identifier les groupes les plus à risque. Les résultats montrent que la chimioprévention peut être efficace, mais elle nécessite des ajustements stratégiques pour atteindre les populations les plus vulnérables. Par exemple, des campagnes de sensibilisation ciblées pourraient être mises en place pour informer les familles sur l'importance de la vaccination et de la chimioprévention.
Les recommandations issues de cette étude incluent un renforcement des stratégies d'engagement communautaire pour toucher les enfants non vaccinés. Cela pourrait passer par la formation de relais communautaires qui seraient chargés de sensibiliser les parents et de les inciter à faire vacciner leurs enfants. De plus, une adaptation des programmes de CPP est nécessaire pour maintenir une couverture durant les périodes de transmission élevée, qui coïncident souvent avec les saisons des pluies.
Il est impératif de renforcer la collecte de données pour informer les politiques de santé publique. Une meilleure collecte de données permettrait non seulement de suivre l'évolution de la couverture vaccinale, mais aussi d'identifier les zones géographiques les plus touchées par le paludisme. La thèse d'Arikawa appelle à une approche collaborative, intégrant les acteurs locaux et les décideurs politiques, afin de lutter efficacement contre le paludisme au Togo.
Cette collaboration est d'autant plus nécessaire dans le contexte de l'Afrique de l'Ouest, où le paludisme reste une des principales causes de mortalité infantile. En effet, des initiatives similaires dans d'autres pays de la région, comme le Bénin ou le Ghana, ont montré que l'engagement communautaire et la participation des familles sont des facteurs clés de succès.
La mise en œuvre de ces recommandations pourrait transformer le paysage de la santé publique dans le pays, en réduisant l'incidence du paludisme et en améliorant la couverture vaccinale. En fin de compte, il s'agit de garantir un avenir plus sain pour les enfants du Togo, en leur offrant les protections nécessaires contre des maladies qui peuvent être évitées. La lutte contre le paludisme ne doit pas être perçue comme une simple question de santé, mais comme un enjeu de développement socio-économique, car la santé des enfants est intrinsèquement liée à la prospérité future du pays.
Données clés
- 16% : proportion d'enfants de moins de deux ans non vaccinés dans le district de Haho.
- 12.6% : pourcentage d'enfants non immunisés après deux ans de mise en œuvre du projet.
Accéder à l'étude complète
Sources et accès
Shino Arikawa. Effectiveness of perennial malaria chemoprevention : insights from an implementation research project in Southern Togo. Human health and pathology. Université de Bordeaux, 2025. English. ⟨NNT : 2025BORD0211⟩. ⟨tel-05457581⟩
