Publié le 22 mars 2025·7 min de lecture·★ LABEL STAR
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Menee conjointement par INRAE et ISRA, cette recherche évalue les coproduits agricoles du Sénégal pour l'alimentation des ruminants.

L'Essentiel : Menee conjointement par INRAE et ISRA, cette recherche évalue les coproduits agricoles du Sénégal pour l'alimentation des ruminants.

Dingamgoto Jesse Barde (Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement).

Thèse soutenue en 2024 à l'école doctorale École doctorale Dynamique des environnements dans l'espace Caraïbes-Amériques (Pointe-à-Pitre ; 2022-....).

Cette recherche est le fruit d'une cotutelle internationale entre plusieurs institutions partenaires.

Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.

L'évaluation des coproduits de l'agro-industrie sénégalaise ouvre des perspectives intéressantes et prometteuses pour l'alimentation animale, un secteur crucial pour la sécurité alimentaire et le développement économique du pays. En effet, ces biomasses, souvent négligées et considérées comme des déchets, peuvent être transformées en rations complètes densifiées pour les ruminants. Cela soulève plusieurs questions essentielles : comment optimiser l'utilisation de ces ressources sous-exploitées ? Quelles sont les implications économiques pour les éleveurs et, par extension, pour l'économie locale ?

Les résultats de cette étude montrent que les mélanges d'ingrédients à base de biomasses non éligibles pour l'alimentation humaine, tels que les résidus de cultures céréalières ou les sous-produits de l'industrie agro-alimentaire, permettent d'atteindre de bonnes performances zootechniques. Les essais réalisés sur des agnelles ont révélé que certains blocs de rations, élaborés à partir de ces coproduits, ont permis des croissances égales ou même supérieures à celles obtenues avec des rations classiques à base de matières premières conventionnelles. Cela démontre le potentiel de ces coproduits pour améliorer la productivité animale tout en valorisant des ressources souvent sous-utilisées, contribuant ainsi à une agriculture plus circulaire.

Cependant, la gestion des ressources alimentaires reste un défi majeur. Les biomasses prises individuellement ne permettent pas une gestion efficace, ce qui souligne l'importance de la formulation de mélanges adaptés et équilibrés. Par exemple, un mélange judicieux de tourteaux de graines, de résidus de fruits et de céréales peut non seulement répondre aux besoins nutritionnels des ruminants, mais également réduire le gaspillage alimentaire. L'innovation organisationnelle, en collaboration avec les éleveurs, est essentielle pour optimiser l'utilisation de ces ressources. Cela nécessite un engagement fort de la part des acteurs du secteur, y compris des agronomes, des vétérinaires et des responsables politiques, pour développer des solutions durables et rentables.

Il est également crucial de considérer l'impact économique de cette recherche. En intégrant ces coproduits dans les rations animales, on peut réduire les coûts d'alimentation, qui représentent souvent une part importante des dépenses des éleveurs, et améliorer la rentabilité des exploitations. Par exemple, un éleveur qui adopte ces nouvelles pratiques pourrait voir ses coûts d'alimentation diminuer de 20 à 30 %, ce qui pourrait transformer la viabilité de son exploitation. Les décideurs doivent donc se pencher sur les politiques de soutien à l'innovation dans ce domaine, afin de favoriser l'adoption de ces pratiques par les éleveurs. Cela pourrait passer par des subventions pour la recherche et le développement, des formations pour les éleveurs, ou encore des incitations fiscales pour l'utilisation de coproduits.

En somme, cette étude ouvre la voie à une nouvelle approche de l'alimentation animale au Sénégal, avec des implications positives non seulement pour les éleveurs, mais aussi pour l'économie locale et la durabilité des systèmes agricoles. En valorisant les coproduits de l'agro-industrie, on contribue à la réduction des déchets, à la préservation des ressources naturelles et à la lutte contre la pauvreté rurale. De plus, cette démarche s'inscrit dans une dynamique régionale plus large, où d'autres pays d'Afrique de l'Ouest pourraient également bénéficier de l'utilisation de ces ressources. En effet, des pays comme le Bénin ou la Côte d'Ivoire, confrontés à des défis similaires en matière d'alimentation animale, pourraient s'inspirer de cette approche pour améliorer leur propre système d'élevage.

Ainsi, l'évaluation des coproduits de l'agro-industrie sénégalaise ne se limite pas à une simple étude scientifique, mais constitue un véritable levier pour transformer le paysage agricole et économique du pays. En favorisant l'innovation et la durabilité, cette recherche pourrait contribuer à bâtir un avenir meilleur pour les éleveurs et les communautés rurales, tout en répondant aux enjeux globaux de sécurité alimentaire et de développement durable.

Données clés

  • N/A : Les performances zootechniques des ruminants sont améliorées grâce à l'utilisation de mélanges de biomasses.

Accéder à l'étude complète

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Sources et accès

Dingamgoto Jesse Barde. Evaluation zootechnique et économique de coproduits de culture et de l’agro-industrie du Sénégal utilisés en blocs de rations complètes densifiés pour l’alimentation de ruminants. Sciences agricoles. Université des Antilles, 2024. Français. ⟨NNT : 2024ANTI1040⟩. ⟨tel-05089083⟩