Publié le 31 mars 2025·7 min de lecture·★ LABEL STAR
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Menee conjointement par IRD et INSERM, cette recherche analyse la fonction rénale chez les personnes vivant avec le VIH en Afrique sub-Saharienne.

L'Essentiel : Menee conjointement par IRD et INSERM, cette recherche analyse la fonction rénale chez les personnes vivant avec le VIH en Afrique sub-Saharienne.

Nongodo Firmin Kabore, chercheur·e au sein de TransVIHMI (Institut de Recherche pour le Développement).

Thèse soutenue en 2019 à l'école doctorale École doctorale Sciences Chimiques et Biologiques pour la Santé (Montpellier ; 1992-....).

Cette recherche est le fruit d'une cotutelle internationale entre plusieurs institutions partenaires.

Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.

L'Afrique sub-Saharienne fait face à un défi de santé publique majeur, avec près de 500 millions de personnes souffrant de maladies rénales chroniques (MRC). Cette situation alarmante est d'autant plus préoccupante pour les personnes vivant avec le VIH (PVVIH), qui représentent une population particulièrement vulnérable. En effet, les maladies rénales peuvent aggraver la progression du VIH et vice versa, créant un cercle vicieux qui complique la prise en charge de ces patients. Les implications de cette double vulnérabilité sont considérables, tant sur le plan médical que socio-économique.

La vulnérabilité des PVVIH est exacerbée par des facteurs génétiques, notamment les variants du gène APOL1, qui sont plus fréquents dans cette région. Ce gène joue un rôle crucial dans la protection contre certaines infections, mais des variants spécifiques peuvent également augmenter le risque de développer des MRC. Cependant, les résultats de l'étude menée par Nongodo Firmin Kabore révèlent une situation nuancée. Les prévalences et incidences de la MRC chez les PVVIH en Afrique de l'Ouest sont faibles à modérées, contrairement à d'autres études réalisées dans d'autres régions du monde, où l'incidence des maladies rénales chez les PVVIH est souvent alarmante. Cela soulève des questions sur la compréhension des risques rénaux dans cette population, et il devient impératif d'explorer les raisons de cette disparité.

Il est essentiel de se pencher sur les raisons de cette disparité. Les variants génétiques à risque du gène APOL1 ne sont présents que chez 3 à 5 % des PVVIH, ce qui est inférieur aux attentes. Cette observation pourrait indiquer que d'autres facteurs, tels que l'âge, l'immunodépression, l'hypertension, et l'exposition à certains traitements antirétroviraux, jouent un rôle plus significatif dans la santé rénale. Par exemple, l'hypertension, qui est un problème de santé publique majeur en Afrique, pourrait contribuer à l'augmentation des risques de MRC, indépendamment du statut VIH.

L'étude a également validé un score prédictif de la MRC, initialement conçu pour les PVVIH occidentaux, montrant son utilité en Afrique sub-saharienne. Cela ouvre la voie à des stratégies de dépistage et de prévention adaptées aux spécificités locales. En effet, l'adaptation de ce score pourrait permettre une identification précoce des patients à risque, facilitant ainsi une intervention rapide et ciblée. Les programmes de santé publique pourraient ainsi intégrer ce score dans leurs protocoles de dépistage, contribuant à une meilleure gestion des maladies rénales dans cette population.

Les décideurs doivent prendre en compte ces résultats pour développer des politiques de santé publique ciblées. La mise en place de programmes de dépistage précoce et de prévention des complications rénales pourrait améliorer significativement la qualité de vie des PVVIH. Par exemple, des campagnes de sensibilisation sur l'importance de la surveillance de la santé rénale, couplées à des consultations régulières, pourraient permettre de réduire l'incidence des MRC. En outre, il est crucial d'investir dans la recherche pour mieux comprendre les interactions entre génétique et environnement dans le contexte africain.

Il est également important de considérer les implications socio-économiques de cette recherche. Les maladies rénales peuvent entraîner des coûts élevés pour les systèmes de santé, notamment en raison des traitements nécessaires pour gérer les complications. En améliorant la prévention et le dépistage, les pays d'Afrique sub-saharienne pourraient non seulement améliorer la santé de leurs populations, mais aussi réduire les dépenses de santé à long terme.

En somme, cette recherche met en lumière la complexité des maladies rénales chez les PVVIH en Afrique sub-Saharienne. Elle appelle à une réflexion approfondie sur les approches de santé publique et sur la nécessité d'adapter les stratégies de dépistage et de prévention aux réalités locales. Il est impératif que les acteurs de la santé publique, les chercheurs et les décideurs collaborent pour développer des solutions innovantes et adaptées, afin de répondre à ce défi de santé publique qui touche des millions de personnes dans cette région du monde.

Données clés

  • 500 millions : Nombre total de personnes dans le monde souffrant de maladies rénales chroniques.
  • 80% : Proportion de ces personnes vivant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.
  • 3-5% : Fréquence des variants à risque du gène APOL1 chez les PVVIH en Afrique de l'Ouest.

Accéder à l'étude complète

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Sources et accès

Nongodo Firmin Kabore. Analyse épidémio-génétique de la fonction rénale chez les personnes d’Afrique sub-Saharienne vivant avec le VIH. Médecine humaine et pathologie. Université Montpellier, 2019. Français. ⟨NNT : 2019MONTT070⟩. ⟨tel-02650016⟩