Publié le 17 juin 2025·7 min de lecture·★ LABEL STAR
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Menee conjointement par IRD et INSERM, cette recherche met en lumière la diversité génétique des parasites chez les primates non humains.

L'Essentiel : Menee conjointement par IRD et INSERM, cette recherche met en lumière la diversité génétique des parasites chez les primates non humains.

Constant Sirima, chercheur·e au sein de TransVIHMI (Institut de Recherche pour le Développement).

Thèse soutenue en 2021 à l'école doctorale École doctorale Sciences Chimiques et Biologiques pour la Santé (Montpellier ; 1992-....).

Cette recherche est le fruit d'une cotutelle internationale entre plusieurs institutions partenaires.

Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.

L'épidémiologie des infections parasitaires chez les primates non humains (PNH) est un sujet de préoccupation croissante, surtout en Afrique, où ces animaux peuvent être des réservoirs de pathogènes zoonotiques. En effet, les PNH, tels que les gorilles et les chimpanzés, partagent des habitats avec les populations humaines, ce qui augmente le risque de transmission de maladies. La thèse de Constant Sirima, réalisée en collaboration avec l'Institut de Recherche pour le Développement et l'INSERM, explore la diversité génétique des géohelminthes et des filaires du genre Mansonella sp. au Cameroun et au Gabon. Cette recherche a révélé des résultats significatifs, notamment la détection pour la première fois de l'ADN de Mansonella sp. dans les fèces de PNH, ce qui pourrait transformer notre approche du diagnostic et de la gestion des infections parasitaires.

Les co-infections observées chez les gorilles avec d'autres parasites tels qu'Oesophagostomum sp. et Necator sp. soulignent la complexité des interactions parasitaires dans ces populations. Ces co-infections ne sont pas seulement un phénomène isolé ; elles illustrent un écosystème parasitaire dynamique où plusieurs agents pathogènes peuvent interagir, affectant ainsi la santé des hôtes. Par exemple, une co-infection peut exacerber les symptômes cliniques chez un hôte, rendant le traitement plus difficile et augmentant le risque de transmission à l'homme. Cette diversité génétique des parasites pourrait avoir des implications importantes pour la santé publique, en particulier dans les zones où les humains et les PNH cohabitent.

Les méthodes de diagnostic traditionnelles, basées sur l'observation microscopique de prélèvements sanguins, peuvent ne pas suffire pour capturer l'ampleur de ces infections. En effet, ces techniques peuvent manquer des infections asymptomatiques ou des formes moins communes de parasites, ce qui peut conduire à une sous-estimation de la prévalence des infections. Il est donc impératif d'adopter des techniques avancées de séquençage pour mieux comprendre la dynamique des infections parasitaires. Par exemple, le séquençage de nouvelle génération (NGS) permet de détecter des espèces de parasites qui n'étaient pas identifiées auparavant, offrant une vue d'ensemble plus complète de la biodiversité parasitaire. Cela pourrait également ouvrir la voie à des stratégies de prévention et de contrôle plus efficaces, en tenant compte des spécificités génétiques des parasites.

Les décideurs doivent prendre en compte ces résultats pour élaborer des politiques de santé publique adaptées, qui intègrent la surveillance des infections chez les PNH et les risques zoonotiques associés. La mise en place de programmes de surveillance épidémiologique dans les zones à risque pourrait permettre de détecter rapidement de nouvelles infections et d'intervenir avant qu'elles ne se propagent. De plus, l'éducation des communautés locales sur les risques de transmission des zoonoses et les bonnes pratiques d'hygiène est essentielle pour réduire le risque d'infection.

En somme, cette recherche met en lumière la nécessité d'une approche multidisciplinaire pour aborder les défis posés par les infections parasitaires, en intégrant la biologie, l'épidémiologie et la santé publique. Les implications de ces découvertes sont vastes et nécessitent une attention particulière de la part des autorités sanitaires et des chercheurs. En Afrique de l'Ouest, où la biodiversité est riche mais menacée, il est crucial de développer des stratégies de conservation qui tiennent compte des interactions entre les espèces sauvages et domestiques. Cela inclut la protection des habitats naturels des PNH, qui sont essentiels non seulement pour leur survie, mais aussi pour la santé des écosystèmes dans leur ensemble.

Ainsi, la recherche sur les infections parasitaires chez les PNH ne doit pas être perçue comme une simple étude académique, mais comme un impératif de santé publique. Les résultats de cette thèse pourraient servir de base pour des initiatives de recherche future et des collaborations internationales, visant à mieux comprendre et gérer les risques sanitaires liés aux zoonoses en Afrique. En fin de compte, la santé des PNH et celle des humains sont inextricablement liées, et il est temps d'agir en conséquence.

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Sources et accès

Constant Sirima. Epidémiologie et diversité génétique des géohelminthes et des filaires du genre Mansonella sp. à l’interface homme-primates non-humains au Cameroun et au Gabon. Médecine humaine et pathologie. Université Montpellier, 2021. Français. ⟨NNT : 2021MONTT030⟩. ⟨tel-03419569⟩