Publié le 6 février 2025·7 min de lecture·★ LABEL STAR
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Au sein de MATEIS, Valentine Delbruel a exploré l'impact de la fabrication additive sur la réhabilitation fonctionnelle.

L'Essentiel : Au sein de MATEIS, Valentine Delbruel a exploré l'impact de la fabrication additive sur la réhabilitation fonctionnelle.

Valentine Delbruel, chercheur·e au sein de MATEIS (Université Claude Bernard Lyon 1).

Thèse soutenue en 2024 à l'école doctorale École doctorale Matériaux de Lyon (Villeurbanne ; 1991-....).

Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.

L'utilisation des technologies de fabrication additive, notamment l'impression 3D, représente une avancée significative dans le domaine de la santé, en particulier pour la réhabilitation fonctionnelle. Cette technologie, qui permet de créer des objets tridimensionnels à partir de modèles numériques, offre des possibilités inédites pour la conception et la production d'orthèses. La thèse de Valentine Delbruel met en lumière une problématique cruciale : comment rendre les orthèses accessibles et abordables dans des pays à faibles revenus comme le Togo ? En intégrant des déchets plastiques recyclés dans la fabrication d'orthèses, il est possible non seulement de réduire les coûts, mais aussi de contribuer à la durabilité environnementale, un enjeu majeur dans le contexte actuel de crise climatique.

Une solution locale pour un besoin urgent

Au Togo, comme dans de nombreux pays d'Afrique de l'Ouest, les besoins en matière de réhabilitation fonctionnelle sont criants. En effet, environ 30% des patients au Togo nécessitent des orthèses pour améliorer leur mobilité. Cela représente un nombre considérable de personnes dont la qualité de vie pourrait être améliorée grâce à des dispositifs adaptés. Cependant, l'accès à ces dispositifs reste limité, souvent en raison de leur coût prohibitif et de la difficulté d'approvisionnement.

L'ONG Handicap International a déjà initié des projets similaires, mais l'importation de matériaux depuis l'Europe pose des défis logistiques et financiers. Les délais de livraison, les coûts d'importation et les fluctuations des devises rendent ces solutions peu viables à long terme. En recyclant des déchets plastiques locaux pour produire des filaments 3D, on pourrait réduire les coûts de fabrication de manière significative. Cela pourrait transformer le paysage de la réhabilitation fonctionnelle, en rendant les orthèses non seulement plus accessibles, mais aussi en créant des emplois locaux dans le processus de recyclage et de fabrication.

Des résultats prometteurs

Les résultats préliminaires de cette recherche sont prometteurs. En analysant les propriétés mécaniques des orthèses, la thèse démontre que l'utilisation de matériaux recyclés peut non seulement répondre aux besoins fonctionnels des utilisateurs, mais aussi améliorer leur qualité de vie. Par exemple, des tests ont montré que les orthèses fabriquées à partir de plastiques recyclés peuvent offrir une résistance comparable à celle des matériaux traditionnels, tout en étant plus légères et plus confortables.

Une approche durable et innovante

Les implications de cette recherche vont au-delà de la simple fabrication d'orthèses. Elles soulignent la nécessité d'intégrer des solutions durables dans les systèmes de santé, en favorisant le recyclage des plastiques et en soutenant l'économie circulaire. En effet, cette approche pourrait également réduire la quantité de déchets plastiques qui polluent l'environnement local, contribuant ainsi à une meilleure santé publique. En intégrant des pratiques de fabrication additive dans le secteur de la santé, on pourrait également encourager l'innovation et la recherche locale, créant ainsi un écosystème dynamique autour de la réhabilitation fonctionnelle.

Un appel à l'action pour les décideurs

Il est essentiel que les décideurs prennent en compte ces résultats pour mettre en place des politiques publiques favorisant le recyclage et l'innovation dans le secteur de la santé. Cela pourrait inclure des incitations fiscales pour les entreprises qui investissent dans des technologies de fabrication additive, ou encore des programmes de sensibilisation pour encourager le recyclage au sein des communautés. La fabrication additive pourrait ainsi devenir un levier puissant pour améliorer l'accès aux soins et réduire les inégalités en matière de santé.

Une réflexion plus large sur la durabilité

En somme, cette thèse ouvre la voie à une réflexion plus large sur la durabilité et l'accessibilité des soins de santé en Afrique de l'Ouest. En intégrant des solutions innovantes et durables, il est possible de transformer le paysage de la réhabilitation fonctionnelle, tout en répondant aux défis environnementaux actuels. Les technologies de fabrication additive, en permettant une production locale et durable d'orthèses, pourraient ainsi jouer un rôle clé dans l'amélioration de la qualité de vie des populations vulnérables. En fin de compte, il s'agit d'une opportunité non seulement pour le Togo, mais également pour d'autres pays de la région, d'adopter des pratiques de santé plus durables et inclusives.

Données clés

  • 30% : Pourcentage de patients au Togo nécessitant des orthèses pour améliorer leur mobilité fonctionnelle.
  • 20% : Réduction des coûts de fabrication grâce à l'utilisation de filaments recyclés.

Accéder à l'étude complète

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Sources et accès

Valentine Delbruel. Use of additive manufacturing technologies for functional rehabilitation. Materials. INSA de Lyon, 2024. English. ⟨NNT : 2024ISAL0122⟩. ⟨tel-04957659⟩