Publié le 6 août 2026·7 min de lecture·★ LABEL STAR
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Au sein de UMR TETIS, Dié-Yacine Ka a exploré les dynamiques de la transition agroécologique au Sénégal.

L'Essentiel : Au sein de UMR TETIS, Dié-Yacine Ka a exploré les dynamiques de la transition agroécologique au Sénégal.

Dié-Yacine Ka, chercheur·e au sein de UMR TETIS (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement).

Thèse soutenue en 2026.

Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.

La transition agroécologique est un sujet qui mérite une attention particulière, surtout dans un pays comme le Sénégal, où les enjeux environnementaux et économiques sont cruciaux. En effet, le Sénégal, avec sa diversité de climats et de sols, est à la croisée des chemins entre tradition agricole et modernité. Les travaux de Dié-Yacine Ka mettent en lumière la nécessité de repenser les territoires à travers les initiatives locales. Pourquoi est-il essentiel de faire territoire autour de ces initiatives ? La réponse réside dans la capacité de ces actions à transformer non seulement les pratiques agricoles, mais aussi les structures sociales et économiques qui les entourent.

Les transitions agroécologiques ne se limitent pas à des techniques agricoles. Elles impliquent une reconfiguration des milieux naturels, des circuits économiques et des politiques publiques. Au Sénégal, cette transformation est particulièrement visible dans les communes de Darou Khoudoss, Mboro et Ndiob. Chaque commune présente des dynamiques différentes : à Darou Khoudoss et Mboro, les initiatives sont souvent fragmentées et individuelles, tandis qu'à Ndiob, une approche collective et coordonnée émerge, portée par des élus locaux. Cette diversité d'approches soulève des questions sur l'efficacité des initiatives individuelles face à des défis systémiques.

Prenons l'exemple de Darou Khoudoss, où des agriculteurs tentent d'introduire des pratiques agroécologiques, mais se heurtent à des résistances dues à des méthodes traditionnelles bien ancrées. À Mboro, des projets isolés de permaculture ont vu le jour, mais sans véritable synergie entre les acteurs, leur impact reste limité. En revanche, à Ndiob, la mise en place d'un comité local d'agriculture durable a permis de rassembler les différents acteurs autour d'un projet commun, illustrant ainsi le potentiel d'une approche collective.

La recherche de Dié-Yacine Ka repose sur une enquête de terrain approfondie, impliquant 69 acteurs, allant des ONG aux agriculteurs. Cette méthodologie hybride permet de saisir la complexité des interactions entre les différents acteurs et les enjeux territoriaux. Les résultats montrent que la transition agroécologique est en cours, mais qu'elle est freinée par des contraintes telles que la pression foncière et les pratiques agricoles traditionnelles. Comment alors favoriser une transition plus harmonieuse et intégrée ?

Il est impératif de renforcer la coordination entre les acteurs locaux et de promouvoir des discours mobilisateurs qui favorisent l'engagement collectif. Cela pourrait passer par des formations, des ateliers de sensibilisation et des échanges d'expériences entre les communes. La gouvernance territoriale doit être repensée pour soutenir ces initiatives et créer un cadre propice à l'expérimentation agroécologique. Les décideurs doivent s'interroger sur les mécanismes de soutien à mettre en place pour accompagner cette transition. Quelles politiques publiques peuvent réellement favoriser une transformation durable des territoires ?

Les politiques agricoles doivent s'adapter pour encourager des pratiques respectueuses de l'environnement. Cela pourrait inclure des subventions pour les agriculteurs qui adoptent des méthodes agroécologiques, des incitations fiscales pour les projets collectifs, ou encore des investissements dans des infrastructures qui facilitent l'accès à l'eau et aux marchés.

En somme, la recherche de Dié-Yacine Ka offre une perspective précieuse sur les dynamiques de la transition agroécologique au Sénégal. Elle appelle à une réflexion approfondie sur la manière dont les territoires peuvent être repensés pour intégrer les initiatives locales et soutenir une agriculture durable. Les enjeux sont multiples et nécessitent une approche interdisciplinaire pour être pleinement compris et intégrés dans les politiques publiques.

Il est également essentiel de considérer l'impact de la transition agroécologique sur les communautés locales. En favorisant des pratiques durables, on peut non seulement améliorer la sécurité alimentaire, mais aussi renforcer la résilience des populations face aux changements climatiques. En intégrant les savoirs traditionnels et les innovations modernes, le Sénégal peut devenir un modèle de transition agroécologique en Afrique de l'Ouest, inspirant d'autres pays à suivre cette voie.

Ainsi, la transition agroécologique au Sénégal ne doit pas être perçue comme un simple changement de pratiques agricoles, mais comme une véritable transformation sociétale, où chaque acteur, qu'il soit agriculteur, élu local ou membre d'une ONG, joue un rôle clé dans la construction d'un avenir durable.

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Sources et accès

Dié-Yacine Ka. Faire territoire autour des initiatives locales : perspectives pour la transition agroécologique au Sénégal. Géographie. AgroParisTech; Université Cheikh Anta Diop (Dakar, Sénégal ; 1957-..), 2026. Français. ⟨NNT : 2026AGPT0006⟩. ⟨tel-05647741⟩