Menee conjointement par UFHB et UFHB, cette recherche explore les inégalités urbaines liées au paludisme à Bouaké.
L'Essentiel : Menee conjointement par UFHB et UFHB, cette recherche explore les inégalités urbaines liées au paludisme à Bouaké.
Kouassi Arsène Adou, chercheur·e au sein de MIVEGEC (Université Félix Houphouët-Boigny [Abidjan, Côte d'Ivoire]).
Thèse soutenue en 2024.
Cette recherche est le fruit d'une cotutelle internationale entre plusieurs institutions partenaires.
La Côte d'Ivoire, comme de nombreux pays d'Afrique subsaharienne, fait face à une urbanisation rapide depuis plusieurs décennies. Cette urbanisation, souvent désordonnée et sans planification adéquate, engendre des défis majeurs pour la santé publique, notamment en ce qui concerne la transmission du paludisme. Bouaké, une ville moyenne, sert de cadre d'étude pour analyser comment les inégalités socio-spatiales influencent la propagation de cette maladie.
La ville de Bouaké, en tant que deuxième plus grande ville de Côte d'Ivoire, illustre parfaitement les effets d'une urbanisation non maîtrisée. En effet, la croissance démographique rapide a conduit à l'émergence de quartiers informels où les infrastructures sont souvent insuffisantes. Ces zones, comme Air France et Sossoribougou, se caractérisent par un manque d'accès à l'eau potable, à l'assainissement et à des services de santé adéquats. Ces conditions de vie précaires favorisent la prolifération des moustiques, vecteurs du paludisme, augmentant ainsi le risque d'infection pour les habitants.
Les résultats des enquêtes menées dans quatre quartiers de Bouaké (Air France, Belleville, Koko et Sossoribougou) révèlent des disparités significatives. Ces inégalités, tant sur le plan socio-démographique qu'environnemental, sont directement liées à l'exposition des populations aux piqûres de moustiques vecteurs du paludisme. Par exemple, les conditions de vie, l'accès aux infrastructures de santé et la qualité de l'environnement varient considérablement d'un quartier à l'autre, ce qui impacte la morbidité liée au paludisme. Dans des quartiers comme Belleville, où les infrastructures de santé sont plus accessibles et mieux équipées, les taux d'infection sont généralement plus bas. En revanche, à Koko, où l'accès aux soins est limité, les cas de paludisme sont plus fréquents, illustrant ainsi l'impact direct des inégalités sur la santé publique.
Il est crucial de se demander comment ces inégalités peuvent être atténuées. Les décideurs doivent prendre en compte ces disparités pour élaborer des politiques de santé publique efficaces. La gestion de l'urbanisation doit être intégrée dans les stratégies de lutte contre le paludisme. Cela implique une meilleure planification urbaine, l'amélioration des infrastructures de santé et la sensibilisation des populations. Par exemple, des campagnes de sensibilisation ciblées dans les quartiers les plus touchés pourraient aider à éduquer les résidents sur les mesures préventives, comme l'utilisation de moustiquaires imprégnées d'insecticide ou l'élimination des eaux stagnantes, qui sont des lieux de reproduction pour les moustiques.
En outre, la recherche souligne l'importance d'une approche géographique pour comprendre les dynamiques de santé dans les villes en développement. Les politiques doivent être basées sur des données précises et des analyses contextuelles pour être efficaces. Cela nécessite des études approfondies sur les comportements des populations, les habitudes de déplacement et les interactions sociales, qui peuvent toutes influencer la transmission du paludisme. Les acteurs locaux, les ONG et les institutions gouvernementales doivent collaborer pour mettre en œuvre des solutions adaptées aux réalités de chaque quartier. Par exemple, des partenariats entre les autorités locales et les organisations non gouvernementales pourraient faciliter l'accès aux soins de santé dans les zones les plus vulnérables.
En somme, la lutte contre le paludisme à Bouaké ne peut se faire sans une prise en compte des inégalités urbaines. Les défis sont nombreux, mais avec une approche ciblée et collaborative, il est possible d'améliorer la santé des populations urbaines et de réduire la transmission du paludisme. En intégrant des stratégies de développement urbain durable et des interventions de santé publique, la Côte d'Ivoire peut espérer non seulement contrôler la propagation du paludisme, mais aussi améliorer les conditions de vie de ses citoyens, contribuant ainsi à un avenir plus sain et plus équitable pour tous.
Accéder à l'étude complète
Sources et accès
Kouassi Arsène Adou. APPROCHE GÉOGRAPHIQUE DES INÉGALITÉS URBAINES DE LA TRANSMISSION DU PALUDISME : L’EXEMPLE DE BOUAKÉ (CÔTE D’IVOIRE). Géographie. Université Félix Houphouet Boigny (Côte d'Ivoire), 2024. Français. ⟨NNT : ⟩. ⟨tel-04965959⟩
