Publié le 29 juillet 2025·7 min de lecture
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Menee conjointement par CNRST et IRD, cette recherche explore le lien entre plantes, ricinine et transmission du paludisme au Burkina Faso.

L'Essentiel : Menee conjointement par CNRST et IRD, cette recherche explore le lien entre plantes, ricinine et transmission du paludisme au Burkina Faso.

Prisca Paré, chercheur·e au sein de IRSS; MIVEGEC (Centre national de la recherche scientifique et technologique [Ouagadougou]).

Thèse soutenue en 2023 à l'école doctorale Sciences et Technologies.

Cette recherche est le fruit d'une cotutelle internationale entre plusieurs institutions partenaires.

La lutte contre le paludisme, une maladie qui continue de ravager des millions de vies à travers le monde, nécessite une compréhension approfondie des interactions écologiques entre les moustiques vecteurs, les plantes et les parasites. La thèse de Prisca Paré met en lumière ces relations complexes, en se concentrant sur le rôle des plantes à fleurs et de l’alcaloïde ricinine dans la transmission de Plasmodium falciparum par Anopheles gambiae s.s. au Burkina Faso. Ce pays, situé au cœur de l'Afrique de l'Ouest, est particulièrement touché par le paludisme, ce qui rend cette recherche d'autant plus pertinente et urgente.

Les moustiques nouvellement éclos dépendent des nutriments végétaux pour leur survie, ce qui souligne l'importance de la diversité des plantes dans l'écosystème. En effet, la disponibilité de différentes espèces végétales influence non seulement la nutrition des moustiques, mais également leur comportement et leur capacité à transmettre des maladies. Par exemple, certaines plantes peuvent fournir des nutriments spécifiques qui améliorent la longévité des moustiques, augmentant ainsi leur potentiel de transmission du paludisme. Cette recherche révèle que certaines espèces de plantes, comme Barleria lupulina, peuvent influencer la sensibilité des moustiques aux insecticides, un aspect crucial dans la lutte contre le paludisme. L'interaction entre les plantes et les moustiques pourrait donc être exploitée pour développer des stratégies de contrôle plus efficaces.

Cependant, il est préoccupant de constater qu'aucune des plantes testées n'a montré d'activité antiparasitaire significative contre P. falciparum. Cela soulève des questions sur l'efficacité des remèdes traditionnels souvent utilisés dans les communautés locales. La ricinine, quant à elle, a démontré un effet néfaste sur la longévité des moustiques, ce qui pourrait être un atout dans la lutte contre le paludisme. En parallèle, des antipaludiques tels que le cycloguanil et l'atovaquone ont prouvé leur efficacité pour inhiber le parasite, mais leur utilisation doit être soigneusement gérée pour éviter l'émergence de résistances. Ces résultats soulignent l'urgence de mener des recherches supplémentaires sur d'autres plantes et extraits pour mieux contrôler la transmission du paludisme.

Les implications de cette recherche sont vastes et multidimensionnelles. D'une part, elle ouvre la voie à de nouvelles stratégies de lutte contre le paludisme, en intégrant la diversité végétale dans les programmes de contrôle. Par exemple, des programmes de sensibilisation pourraient être mis en place pour encourager la plantation de certaines espèces de plantes bénéfiques dans les zones à forte incidence de paludisme. D'autre part, elle soulève des questions sur la nécessité d'une approche holistique dans la gestion des écosystèmes, où la santé des moustiques, des plantes et des humains est interconnectée. Les décideurs doivent prendre en compte ces interactions pour élaborer des politiques de santé publique efficaces.

Il est également essentiel d'encourager la collaboration entre chercheurs, agriculteurs et responsables politiques pour maximiser l'impact de ces découvertes. En intégrant les connaissances traditionnelles sur les plantes médicinales et en soutenant la recherche scientifique, il est possible de développer des solutions durables pour lutter contre le paludisme. Par exemple, des ateliers de formation pourraient être organisés pour partager les résultats de la recherche avec les communautés locales, afin de les sensibiliser à l'importance de la biodiversité dans la lutte contre cette maladie.

La recherche de Prisca Paré, issue d'une cotutelle franco-africaine, témoigne de l'importance d'un double ancrage institutionnel international dans la lutte contre cette maladie endémique. Ce type de collaboration est essentiel pour tirer parti des expertises variées et des ressources disponibles dans les deux régions. En effet, le partage des connaissances et des techniques entre les chercheurs africains et européens peut enrichir les approches de recherche et de lutte contre le paludisme.

En conclusion, la thèse de Prisca Paré ouvre des perspectives prometteuses pour la lutte contre le paludisme au Burkina Faso et au-delà. Elle souligne l'importance de la recherche interdisciplinaire et de la collaboration entre différents acteurs pour développer des solutions innovantes et durables. La diversité des plantes, les propriétés de la ricinine et l'efficacité des antipaludiques sont autant d'éléments à prendre en compte pour élaborer des stratégies de lutte contre le paludisme qui soient à la fois efficaces et respectueuses de l'environnement.

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Sources et accès

Prisca Paré. Rôle de la diversité des plantes, de l’alcaloïde ricinine et des molécules antipaludiques sur la transmission de Plasmodium falciparum chez Anopheles gambiae s.s. au Burkina Faso. Zoologie des invertébrés. Université Ki-Zerbo (Burkina-Faso), 2023. Français. ⟨NNT : ⟩. ⟨tel-05004488⟩