Publié le 5 décembre 2025·7 min de lecture
⬇ PDF⬇ PPTX

Menee conjointement par UFHB et IRD, cette recherche analyse la dynamique du paludisme en Côte d'Ivoire de 2015 à 2019.

L'Essentiel : Menee conjointement par UFHB et IRD, cette recherche analyse la dynamique du paludisme en Côte d'Ivoire de 2015 à 2019.

Konan Rodolphe Mardoché Azongnibo, chercheur·e au sein de MIVEGEC (Université Félix Houphouët-Boigny [Abidjan, Côte d'Ivoire]).

Thèse soutenue en 2024.

Cette recherche est le fruit d'une cotutelle internationale entre plusieurs institutions partenaires.

La Côte d'Ivoire est confrontée à une stagnation inquiétante du paludisme depuis 2015, malgré des efforts mondiaux considérables pour réduire cette maladie dévastatrice. En effet, le paludisme, qui est causé par des parasites transmis par les piqûres de moustiques infectés, demeure un problème de santé publique majeur dans le pays. Cette étude, menée par l'Université Félix Houphouët-Boigny en collaboration avec l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD), s'inscrit dans un contexte de lutte contre une épidémie qui reste endémique dans le pays. En mobilisant des données épidémiologiques, entomologiques et paysagères, elle met en lumière les zones les plus à risque, notamment l'ouest du pays, où la transmission est particulièrement élevée.

Les résultats de cette étude montrent que trois vecteurs principaux, à savoir Anopheles gambiae, Anopheles funestus et Anopheles nili, sont responsables de la transmission du paludisme en Côte d'Ivoire. Cette identification est cruciale pour orienter les stratégies de lutte. En effet, la concentration des cas dans certaines régions nécessite une approche ciblée, tant sur le plan de la prévention que du traitement. Par exemple, des campagnes de pulvérisation intra-domiciliaire pourraient être intensifiées dans les zones identifiées comme à haut risque, tandis que des programmes de distribution de moustiquaires imprégnées d'insecticide pourraient être mis en place pour protéger les populations vulnérables. Les techniques d'analyse spatiale utilisées dans cette étude permettent de cartographier les zones à forte incidence, offrant ainsi des outils précieux pour les décideurs.

Il est essentiel de se demander comment ces données peuvent être intégrées dans les politiques publiques. La mise en place de systèmes de surveillance efficaces est primordiale pour anticiper les épidémies et adapter les interventions. Par exemple, des systèmes de collecte de données en temps réel pourraient être instaurés pour suivre l'évolution des cas de paludisme et ajuster les ressources en conséquence. Les décideurs doivent également considérer l'importance d'une collaboration interinstitutionnelle pour maximiser l'impact des actions menées. Une synergie entre les ministères de la santé, de l'agriculture et de l'environnement pourrait renforcer la lutte contre le paludisme, en prenant en compte les facteurs environnementaux qui favorisent la prolifération des moustiques.

La recherche souligne également la nécessité d'une sensibilisation accrue des populations sur les moyens de prévention. Les comportements individuels jouent un rôle clé dans la lutte contre le paludisme. Par exemple, l'éducation sur l'importance de dormir sous des moustiquaires et de se protéger avec des répulsifs peut réduire considérablement le risque de transmission. En parallèle, le soutien à la recherche et à l'innovation dans le domaine de la santé publique est indispensable pour développer de nouvelles stratégies de lutte. Des initiatives telles que le développement de vaccins ou de traitements antipaludiques plus efficaces pourraient transformer la lutte contre cette maladie.

Enfin, cette étude met en exergue l'importance d'un financement adéquat pour les programmes de lutte contre le paludisme. Les ressources doivent être allouées de manière stratégique pour garantir une réponse efficace à cette maladie persistante. Cela implique non seulement des financements nationaux, mais aussi une mobilisation de fonds internationaux, en particulier dans le cadre de partenariats avec des organisations non gouvernementales et des agences de santé mondiale.

En somme, la lutte contre le paludisme en Côte d'Ivoire nécessite une approche multidimensionnelle, intégrant recherche, politiques publiques et engagement communautaire. Une telle approche pourrait non seulement réduire le fardeau du paludisme, mais également améliorer la santé globale des populations et favoriser le développement socio-économique du pays. La Côte d'Ivoire, à travers des efforts concertés et une volonté politique forte, peut espérer un avenir où le paludisme ne serait plus qu'un lointain souvenir.

Accéder à l'étude complète

Laissez votre email pour recevoir la note de synthèse détaillée et débloquer la lecture de l'article concernant environnement-territoire (Ref: lutte-paludisme-cote-ivoire-tel-04961575).
Vos données sont protégées. Désinscription à tout moment.

Sources et accès

Konan Rodolphe Mardoché Azongnibo. ETUDE DE LA DYNAMIQUE SPATIO-TEMPORELLE DU PALUDISME EN CÔTE D’IVOIRE DE 2015 À 2019. Sciences de l'Homme et Société. Université Félix Houphouet Boigny Abidjan (Côte d'Ivoire), 2024. Français. ⟨NNT : ⟩. ⟨tel-04961575⟩