Publié le 4 février 2025·7 min de lecture·★ LABEL STAR
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Menee conjointement par IRD et INSERM, cette recherche met en lumière les défis de la prise en charge du VIH au Sénégal.

L'Essentiel : Menee conjointement par IRD et INSERM, cette recherche met en lumière les défis de la prise en charge du VIH au Sénégal.

Ndeye Fatou Ngom, chercheur·e au sein de TransVIHMI (Institut de Recherche pour le Développement).

Thèse soutenue en 2018 à l'école doctorale École doctorale Sciences Chimiques et Biologiques pour la Santé (Montpellier ; 1992-....).

Cette recherche est le fruit d'une cotutelle internationale entre plusieurs institutions partenaires.

Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.

La lutte contre le VIH au Sénégal représente un enjeu de santé publique majeur, avec des implications qui dépassent largement le cadre médical. En effet, la pandémie de VIH/SIDA a des répercussions sur la société dans son ensemble, touchant des aspects économiques, sociaux et culturels. Malgré des avancées significatives dans l'accès aux traitements antirétroviraux (TAR), la continuité des soins et le suivi virologique demeurent des défis cruciaux qui nécessitent une attention particulière.

La recherche menée par Ndeye Fatou Ngom, en collaboration avec l'Institut de Recherche pour le Développement et l'INSERM, analyse l'évolution de la prise en charge du VIH sur deux décennies dans un Centre de Traitement ambulatoire à Dakar. Les résultats de cette étude sont révélateurs : 69% des patients étaient éligibles au traitement, mais seulement 41% ont effectivement initié le TAR. Cette situation soulève des questions fondamentales sur l'efficacité des programmes de santé publique et sur les obstacles à l'accès aux soins.

Les taux de rétention à 12, 24 et 36 mois sont respectivement de 84%, 77% et 73%. Bien que ces chiffres soient encourageants, ils révèlent également une perte de suivi préoccupante, notamment chez les hommes et les résidents hors de Dakar. Cela soulève des interrogations sur les disparités géographiques et de genre dans l'accès aux soins. Par exemple, les hommes, souvent moins enclins à consulter pour des problèmes de santé, peuvent être moins suivis, ce qui complique la lutte contre le VIH.

La disponibilité de la charge virale est d'environ 40%, ce qui limite la capacité à mesurer le succès virologique. En effet, le succès virologique est de 64% à 50 copies/ml, atteignant 84% à 1000 copies/ml. Ces résultats mettent en lumière la nécessité d'améliorer la continuité des soins et le suivi virologique pour atteindre les objectifs ambitieux de l'ONUSIDA, qui vise à mettre fin à l'épidémie de VIH/SIDA d'ici 2030.

Il est impératif d'explorer des solutions pour surmonter ces obstacles. La gratuité du TAR, instaurée en 2004, a permis d'augmenter le nombre de patients sous traitement, mais il reste des lacunes dans la mise en œuvre. Par exemple, bien que le traitement soit gratuit, les coûts indirects, tels que le transport pour se rendre aux centres de soins, peuvent constituer un frein pour de nombreux patients, en particulier ceux vivant dans des zones rurales.

Les décideurs doivent se pencher sur les facteurs qui influencent la rétention des patients et la disponibilité des tests de charge virale. Une approche intégrée, impliquant des acteurs communautaires et des partenariats public-privé, pourrait renforcer l'efficacité des programmes de lutte contre le VIH. Par exemple, des initiatives locales de sensibilisation et d'éducation pourraient aider à réduire la stigmatisation associée au VIH, incitant ainsi davantage de personnes à se faire dépister et à suivre un traitement.

En somme, cette recherche souligne la nécessité d'une action concertée pour améliorer la prise en charge du VIH au Sénégal. Les défis sont nombreux, mais des solutions existent. Il est temps d'agir pour garantir un accès équitable aux soins et un suivi efficace des patients vivant avec le VIH. Cela nécessite non seulement des ressources financières, mais aussi un engagement politique fort et une mobilisation de la société civile.

Il est essentiel de créer un environnement où les personnes vivant avec le VIH se sentent soutenues et non stigmatisées. En intégrant des services de santé mentale et de soutien psychosocial dans la prise en charge du VIH, on peut améliorer la qualité de vie des patients et leur adhésion au traitement. De plus, la formation continue des professionnels de santé sur les meilleures pratiques de prise en charge du VIH est cruciale pour garantir des soins de qualité.

Pour conclure, la lutte contre le VIH au Sénégal est un combat qui nécessite une vision à long terme et une approche multidimensionnelle. En unissant nos efforts, en mobilisant les ressources nécessaires et en plaçant les besoins des patients au cœur des politiques de santé, nous pouvons espérer un avenir où le VIH ne sera plus une menace pour la santé publique.

Données clés

  • 69% : Proportion de patients éligibles au traitement antirétroviral.
  • 41% : Pourcentage de patients ayant initié le TAR.
  • 84% : Taux de rétention à 12 mois.
  • 64% : Succès virologique à 50 copies/ml.

Accéder à l'étude complète

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Sources et accès

Ndeye Fatou Ngom. Enjeux de la prise en charge thérapeutique du VIH au Sénegal. Médecine humaine et pathologie. Université Montpellier, 2018. Français. ⟨NNT : 2018MONTT098⟩. ⟨tel-02100064⟩