Publié le 17 mars 2026·7 min de lecture·★ LABEL STAR
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Menee conjointement par UGB et IRD, cette recherche propose une modélisation avancée des décisions humaines pour l'aménagement du territoire.

L'Essentiel : Menee conjointement par UGB et IRD, cette recherche propose une modélisation avancée des décisions humaines pour l'aménagement du territoire.

Chi Quang Truong, chercheur·e au sein de UMMISCO (Université Gaston Berger de Saint-Louis Sénégal).

Thèse soutenue en 2016 à l'école doctorale École doctorale Informatique, télécommunications et électronique de Paris (1992-....).

Cette recherche est le fruit d'une cotutelle internationale entre plusieurs institutions partenaires.

Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.

La thèse de Chi Quang Truong, réalisée sous la cotutelle de l'Université Gaston Berger et de l'IRD, aborde un enjeu crucial : comment intégrer les processus de décision humaine dans les modèles de changement d'usage des sols. En utilisant le paradigme Belief-Desire-Intention (BDI), l'auteur propose une approche cognitive qui permet de mieux comprendre les motivations des acteurs dans le cadre de l'aménagement du territoire, en particulier face aux défis posés par le changement climatique. Ce modèle BDI, qui se concentre sur les croyances, les désirs et les intentions des individus, offre une perspective novatrice pour appréhender la complexité des décisions liées à l'utilisation des sols.

Cette recherche s'inscrit dans un contexte où les décisions relatives à l'utilisation des sols ont des répercussions significatives sur l'environnement et les sociétés. Par exemple, dans le Delta du Mékong, les choix des agriculteurs concernant les cultures à privilégier peuvent influencer non seulement leur revenu, mais aussi la biodiversité locale et la qualité de l'eau. En intégrant des facteurs socio-économiques et environnementaux dans un modèle de simulation, Truong démontre que les décisions des agriculteurs peuvent être modélisées de manière plus précise. Cela ouvre la voie à des politiques publiques plus adaptées et efficaces, qui tiennent compte des réalités du terrain et des aspirations des populations locales.

Les résultats obtenus dans le Delta du Mékong, une région particulièrement vulnérable au changement climatique, montrent que cette approche peut être généralisée à d'autres systèmes socio-écologiques. En validant son modèle dans un environnement complexe, l'auteur prouve que la prise en compte des facteurs humains est essentielle pour des prévisions fiables et des décisions éclairées. Par exemple, les inondations fréquentes et l'élévation du niveau de la mer dans cette région exigent des réponses adaptées, et les modèles traditionnels, souvent trop rigides, ne peuvent pas saisir la dynamique des choix humains face à ces défis.

Les implications de cette recherche sont vastes. Les décideurs peuvent utiliser ces modèles pour anticiper les impacts des politiques d'aménagement du territoire et pour concevoir des stratégies qui tiennent compte des réalités locales. En intégrant des modèles cognitifs, il devient possible de simuler divers scénarios et d'évaluer les conséquences de différentes décisions. Cela permet non seulement de mieux comprendre les interactions entre les différents acteurs, mais aussi de prévoir les réactions des populations face à des mesures telles que la réglementation de l'utilisation des sols ou l'introduction de nouvelles pratiques agricoles.

En somme, cette thèse ne se limite pas à une simple modélisation technique. Elle invite à repenser la manière dont nous abordons l'aménagement du territoire, en plaçant l'humain au cœur des processus décisionnels. Les acteurs politiques, les urbanistes et les chercheurs doivent s'emparer de ces outils pour construire un avenir durable et résilient face aux défis environnementaux. En effet, la prise en compte des dimensions humaines dans les modèles d'aménagement peut également favoriser une meilleure acceptabilité sociale des projets, en permettant aux communautés de s'exprimer et de participer activement aux décisions qui les concernent.

De plus, cette approche pourrait être étendue à d'autres contextes en Afrique de l'Ouest, où les enjeux liés à l'utilisation des sols sont tout aussi pressants. Par exemple, dans des pays comme le Bénin, où l'agriculture est la principale source de revenus pour la majorité de la population, comprendre les motivations des agriculteurs peut aider à concevoir des politiques qui favorisent des pratiques durables tout en garantissant la sécurité alimentaire. En intégrant les modèles cognitifs dans les processus de planification, il devient possible de créer des synergies entre les différents acteurs, qu'il s'agisse des agriculteurs, des ONG ou des autorités locales.

En conclusion, la thèse de Chi Quang Truong représente une avancée significative dans la compréhension des dynamiques de décision liées à l'utilisation des sols. En intégrant les processus cognitifs des acteurs, elle ouvre la voie à une approche plus holistique et inclusive de l'aménagement du territoire. Cela pourrait bien être la clé pour relever les défis environnementaux actuels et construire un avenir durable, où l'humain et l'environnement coexistent en harmonie.

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Sources et accès

Chi Quang Truong. Integrating cognitive models of human decision-making in agent-based models : an application to land use planning under climate change in the Mekong river delta. Modeling and Simulation. Université Pierre et Marie Curie - Paris VI; Université de Cần Thơ (Vietnam), 2016. English. ⟨NNT : 2016PA066580⟩. ⟨tel-01543066⟩