Au sein de ELLIADD, Assamoi Akora Joël N'Dri a analysé la non-scolarisation des filles en Côte d'Ivoire et propose des solutions numériques.
L'Essentiel : Au sein de ELLIADD, Assamoi Akora Joël N'Dri a analysé la non-scolarisation des filles en Côte d'Ivoire et propose des solutions numériques.
Assamoi Akora Joël N'Dri, chercheur·e au sein de ELLIADD (Université Marie et Louis Pasteur).
Thèse soutenue en 2026 à l'école doctorale École doctorale Lettres, Communication, Langues, Arts (Dijon ; Besançon ; 2017-....).
Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.
La non-scolarisation des filles en Côte d'Ivoire, et plus particulièrement dans la région du Gontougo, représente un enjeu éducatif d'une importance cruciale qui mérite une attention soutenue et des actions concrètes. Ce phénomène complexe est alimenté par une multitude de facteurs interconnectés, parmi lesquels le faible niveau d'éducation des parents, la pauvreté persistante et l'inapplication des lois existantes. En effet, les parents peu instruits, souvent en raison de leur propre manque d'accès à l'éducation, sont moins enclins à valoriser l'éducation de leurs filles. Cela perpétue un cycle néfaste de non-scolarisation qui se transmet de génération en génération.
La pauvreté, quant à elle, constitue un obstacle majeur à l'accès à l'éducation. Dans de nombreuses familles, les ressources financières nécessaires pour couvrir les frais de scolarité, les fournitures scolaires et les transports sont tout simplement inexistantes. Cette situation est exacerbée par le fait que, dans certaines cultures, les filles sont souvent perçues comme des contributeurs aux tâches ménagères ou agricoles, ce qui renforce l'idée selon laquelle leur éducation n'est pas une priorité.
De plus, l'absence de sanctions pour les violations des lois sur l'éducation laisse les familles sans incitation à respecter les obligations scolaires. La loi nº2015-635 du 17 septembre 2015, qui vise à garantir l'accès à l'éducation pour tous les enfants, y compris les filles, doit être appliquée de manière rigoureuse. Sans une mise en œuvre effective, ces lois restent lettre morte et n'ont que peu d'impact sur la réalité quotidienne des familles.
Les conséquences de cette situation sont multiples et touchent non seulement les filles elles-mêmes, mais aussi la société dans son ensemble. Sur le plan économique, la non-scolarisation des filles entraîne une perte de potentiel de main-d'œuvre qualifiée, ce qui freine le développement économique du pays. En effet, les femmes éduquées sont plus susceptibles de participer activement à l'économie, d'améliorer la productivité et de contribuer à la croissance économique.
Humainement, cela se traduit par une augmentation des inégalités de genre et une marginalisation des femmes. Les filles qui ne vont pas à l'école sont souvent confrontées à des mariages précoces et à des grossesses non désirées, ce qui limite leurs opportunités de vie. Sur le plan sanitaire, l'absence d'éducation est souvent corrélée à des problèmes de santé, notamment en matière de reproduction et de nutrition. Les femmes éduquées ont tendance à avoir une meilleure connaissance des soins de santé et des pratiques nutritionnelles, ce qui a un impact positif sur la santé de leurs enfants et de leur communauté.
Pour remédier à cette situation alarmante, plusieurs pistes de solutions doivent être envisagées. La construction d'infrastructures scolaires adaptées et accessibles est essentielle pour garantir un accès à l'éducation. Il est crucial que ces infrastructures soient situées à proximité des communautés rurales, afin de réduire les distances que les filles doivent parcourir pour se rendre à l'école. De plus, la création d'un centre de suivi de la scolarisation obligatoire pourrait permettre de monitorer l'application des lois en vigueur et d'assurer que les familles respectent leurs obligations.
L'application stricte des sanctions prévues par la loi nº2015-635 est également cruciale pour inciter les familles à scolariser leurs filles. Cela pourrait impliquer des campagnes de sensibilisation pour informer les parents des conséquences légales de la non-scolarisation, ainsi que des mesures incitatives pour encourager l'éducation des filles.
Une dimension innovante de cette recherche est l'intégration des technologies numériques comme levier de changement. En s'inspirant de modèles réussis, comme celui de l'Inde, l'utilisation d'outils numériques pourrait faciliter l'accès à l'éducation et rendre l'apprentissage plus attractif pour les filles. Les plateformes d'apprentissage en ligne, les applications éducatives et les ressources numériques peuvent contribuer à surmonter les obstacles géographiques et économiques. Par exemple, des initiatives comme les cours en ligne gratuits ou les programmes d'éducation à distance peuvent permettre aux filles d'apprendre à leur propre rythme et de bénéficier d'un enseignement de qualité, même dans des zones reculées.
Il est impératif que les décideurs, qu'ils soient au niveau local ou national, prennent en compte ces recommandations pour transformer la réalité éducative des filles en Côte d'Ivoire. La combinaison d'initiatives éducatives et numériques pourrait offrir une solution durable à la non-scolarisation des filles, tout en favorisant l'égalité des genres et le développement socio-économique du pays. En investissant dans l'éducation des filles, la Côte d'Ivoire ne fait pas seulement un choix éthique, mais elle s'engage également sur la voie d'un avenir plus prospère et équitable pour tous.
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Sources et accès
Assamoi Akora Joël N'Dri. Analyse des causes de la non-scolarisation des filles en Côte d’Ivoire, dans la région du Gontougo : la proposition du numérique comme outil de changement. Education. Université Marie et Louis Pasteur, 2026. Français. ⟨NNT : 2026PAST1001⟩. ⟨tel-05626618⟩
