Publié le 7 avril 2025·7 min de lecture
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Menee conjointement par UNISTRA et UL, cette recherche explore le débat entre pluralisme et monisme scientifiques.

L'Essentiel : Menee conjointement par UNISTRA et UL, cette recherche explore le débat entre pluralisme et monisme scientifiques.

Mamadou Lamine Ngom, chercheur·e au sein de AHP-PReST (Université de Strasbourg).

Thèse soutenue en 2024 à l'école doctorale École doctorale SLTC - Sociétés, Langages, Temps, Connaissances.

Cette recherche est le fruit d'une cotutelle internationale entre plusieurs institutions partenaires.

Le débat entre pluralisme et monisme scientifiques est au cœur des réflexions contemporaines en philosophie des sciences. Cette thèse de Mamadou Lamine Ngom, issue d'une cotutelle franco-africaine, met en lumière les enjeux épistémiques et didactiques qui en découlent. En valorisant la pluralité des approches scientifiques, Ngom défend l'idée d'un pluralisme scientifique collaboratif, qui pourrait transformer la manière dont nous produisons et enseignons les connaissances scientifiques. Cette transformation est d'autant plus cruciale dans le contexte actuel où les défis globaux, tels que le changement climatique et les inégalités sociales, exigent des solutions innovantes et diversifiées.

Le pluralisme scientifique, selon Ngom, ne se limite pas à une simple coexistence de théories. Il s'agit d'un cadre dynamique où différentes perspectives peuvent interagir et enrichir notre compréhension du monde. Par exemple, dans le domaine de la santé publique, l'intégration de la médecine traditionnelle et de la médecine moderne peut offrir des approches complémentaires pour traiter des maladies, notamment dans des régions comme l'Afrique de l'Ouest, où les systèmes de santé sont souvent confrontés à des défis uniques. Cela soulève des questions cruciales : comment intégrer cette pluralité dans nos systèmes éducatifs ? Comment former des scientifiques capables de naviguer entre différentes approches ? La réponse à ces questions pourrait façonner la manière dont nous abordons l'éducation scientifique dans les écoles et les universités.

D'un autre côté, le monisme, qui prône une unique approche pour résoudre les problèmes scientifiques, peut sembler séduisant. Cette vision unidimensionnelle peut donner l'illusion de clarté et de simplicité, mais elle peut également restreindre notre capacité à innover et à s'adapter aux complexités du monde réel. En effet, les défis contemporains, qu'ils soient environnementaux, sociaux ou technologiques, nécessitent des réponses diversifiées et adaptées à des contextes variés. Par exemple, les solutions aux problèmes de pollution ne peuvent pas être les mêmes dans un pays industrialisé que dans un pays en développement. Le monisme peut donc conduire à des approches inadaptées qui ne tiennent pas compte des spécificités locales.

Les enjeux didactiques sont tout aussi significatifs. Un enseignement basé sur le pluralisme didactique permettrait aux élèves de développer une conscience pluraliste, essentielle pour appréhender les sciences de manière critique. Cela pourrait également favoriser une meilleure compréhension des enjeux sociétaux liés aux sciences, en préparant les étudiants à devenir des citoyens éclairés et engagés. Dans le contexte béninois, par exemple, un tel enseignement pourrait encourager les élèves à explorer les interactions entre les savoirs traditionnels et scientifiques, renforçant ainsi leur capacité à aborder les problèmes locaux avec une perspective élargie.

De plus, l'enseignement du pluralisme scientifique pourrait également encourager la créativité et l'innovation. En exposant les étudiants à différentes approches, on leur permet de développer des compétences de pensée critique et de résolution de problèmes. Cela est particulièrement pertinent dans un monde où les carrières scientifiques évoluent rapidement et où la capacité à s'adapter à de nouvelles informations et à de nouvelles méthodes est essentielle. Les étudiants formés dans un cadre pluraliste seront mieux préparés à relever les défis futurs, qu'ils soient liés à la technologie, à l'environnement ou à la société.

En somme, cette thèse invite à repenser nos paradigmes scientifiques et éducatifs. Elle pose la question de savoir si nous sommes prêts à embrasser la complexité et la diversité des savoirs, ou si nous continuerons à nous enfermer dans des modèles unidimensionnels. La réponse à cette question pourrait bien déterminer l'avenir de la science et de l'éducation dans nos sociétés. En adoptant une approche pluraliste, nous pourrions non seulement améliorer notre compréhension scientifique, mais aussi favoriser une société plus inclusive et résiliente, capable de faire face aux défis du XXIe siècle. Il est donc impératif que les décideurs, les éducateurs et les scientifiques collaborent pour intégrer ces idées dans les politiques éducatives et de recherche, afin de construire un avenir où la diversité des savoirs est non seulement reconnue, mais célébrée.

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Sources et accès

Mamadou Lamine Ngom. Pluralisme ou Monisme scientifiques ? Enjeux épistémiques et didactiques. Philosophie. Université de Lorraine; Université Cheikh Anta Diop (Dakar, Sénégal), 2024. Français. ⟨NNT : 2024LORR0199⟩. ⟨tel-04984844⟩