Publié le 5 septembre 2025·7 min de lecture·★ LABEL STAR
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Menee conjointement par IRD et INSERM, cette recherche explore l'écologie des arbovirus en Afrique et leurs réservoirs animaux.

L'Essentiel : Menee conjointement par IRD et INSERM, cette recherche explore l'écologie des arbovirus en Afrique et leurs réservoirs animaux.

Raisa Silva Raulino, chercheur·e au sein de TransVIHMI (Institut de Recherche pour le Développement).

Thèse soutenue en 2021 à l'école doctorale École doctorale Sciences Chimiques et Biologiques pour la Santé (Montpellier ; 1992-....).

Cette recherche est le fruit d'une cotutelle internationale entre plusieurs institutions partenaires.

Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.

La recherche sur les arbovirus en Afrique met en lumière un enjeu de santé publique souvent sous-estimé, mais d'une importance cruciale. Les arbovirus, responsables de maladies graves telles que la dengue, le chikungunya ou encore le virus Zika, sont principalement zoonotiques, ce qui signifie qu'ils circulent entre les animaux et les humains. L'Afrique, avec sa biodiversité unique et ses écosystèmes variés, est un terrain fertile pour l'émergence de nouveaux virus, ce qui soulève des préoccupations majeures pour la santé publique. Cette étude, menée par l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et l'INSERM, se concentre sur l'identification des réservoirs animaux, notamment les primates et les chauves-souris, qui jouent un rôle crucial dans la transmission de ces virus.

Les résultats préliminaires de cette recherche sont révélateurs et préoccupants : une prévalence d'IgG inférieure à 5% chez les primates et de 8,45% chez les chauves-souris. Cela suggère que les primates non humains ne sont probablement pas les seuls réservoirs des arbovirus testés. Les chauves-souris, souvent négligées dans les études épidémiologiques, pourraient avoir un rôle plus important dans le cycle sylvatique de ces virus. Cette découverte soulève des questions sur la nécessité d'une surveillance accrue et d'une meilleure compréhension des interactions complexes entre la faune sauvage et les populations humaines, notamment dans les zones rurales où les contacts sont fréquents.

Il est impératif de développer des outils de détection et de surveillance adaptés pour anticiper les épidémies. Le multiplex immunoassay développé dans cette recherche permet de détecter plusieurs arbovirus à partir d'un seul échantillon, offrant ainsi une méthode efficace pour le criblage de la faune. Avec plus de 6000 échantillons analysés, cette approche pourrait transformer notre capacité à surveiller les virus émergents en Afrique. En effet, une surveillance efficace pourrait permettre d'identifier rapidement les foyers d'infection et de mettre en place des mesures de contrôle appropriées.

Les implications de cette recherche vont au-delà de la simple identification des réservoirs. Elles touchent à la santé publique, à la conservation de la biodiversité et à la prévention des épidémies. Les décideurs doivent prendre en compte ces résultats pour élaborer des politiques de santé publique qui intègrent la surveillance de la faune et la gestion des risques sanitaires. Par exemple, des programmes de vaccination ciblés pour les populations à risque pourraient être mis en place, tout en tenant compte des dynamiques écologiques locales. En outre, la collaboration entre les chercheurs africains et européens, comme le montre cette cotutelle, est essentielle pour renforcer les capacités locales et développer des solutions adaptées aux réalités africaines.

La question qui se pose est : comment pouvons-nous mieux intégrer ces connaissances dans nos systèmes de santé publique ? Les défis sont nombreux, notamment le manque de ressources et d'infrastructures dans certaines régions d'Afrique. Cependant, les opportunités le sont tout autant. Une approche proactive pourrait non seulement réduire le fardeau des maladies infectieuses, mais aussi renforcer la résilience des systèmes de santé en Afrique.

En effet, l'intégration des connaissances sur les arbovirus dans les politiques de santé publique pourrait également favoriser une meilleure gestion des écosystèmes et une conservation plus efficace de la biodiversité. Par exemple, la sensibilisation des communautés locales à l'importance des chauves-souris dans l'écosystème pourrait contribuer à leur protection et, par conséquent, à la réduction des risques de transmission de virus.

En conclusion, la recherche sur les arbovirus en Afrique est non seulement une question de santé publique, mais également un enjeu de développement durable. Il est essentiel que les gouvernements, les chercheurs et les organisations non gouvernementales collaborent pour mettre en place des stratégies efficaces qui tiennent compte des interconnexions entre la santé humaine, animale et environnementale. En investissant dans la recherche et la surveillance, nous pouvons espérer un avenir où les épidémies de virus émergents seront mieux contrôlées, protégeant ainsi les populations vulnérables et préservant la biodiversité unique de notre continent.

Données clés

  • 8,45% : Prévalence d'IgG chez les chauves-souris, indiquant leur rôle potentiel dans la transmission des arbovirus.
  • 5% : Prévalence d'IgG chez les primates, suggérant qu'ils ne sont pas les seuls réservoirs des arbovirus.

Accéder à l'étude complète

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Sources et accès

Raisa Silva Raulino. Revisit dogmas on origins and ecology of emerging and re-emerging infectious diseases : arboviruses in Africa. Agricultural sciences. Université Montpellier, 2021. English. ⟨NNT : 2021MONTT070⟩. ⟨tel-03602728⟩