Publié le 15 janvier 2026·7 min de lecture
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Menee conjointement par ASECNA et UFHB, cette recherche évalue l'impact du reboisement sur le climat dans le cadre de la Grande Muraille Verte.

L'Essentiel : Menee conjointement par ASECNA et UFHB, cette recherche évalue l'impact du reboisement sur le climat dans le cadre de la Grande Muraille Verte.

Bi Tra Olivier Gore, chercheur·e au sein de UFR SSMT (Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar).

Thèse soutenue en 2025.

Cette recherche est le fruit d'une cotutelle internationale entre plusieurs institutions partenaires.

Le Sahel, une région souvent synonyme de sécheresse et de dégradation environnementale, a vu naître l'Initiative de la Grande Muraille Verte (IGMVSS) en 2007. Ce programme ambitieux, qui s'étend sur plusieurs pays d'Afrique, vise à restaurer les terres dégradées et à lutter contre la désertification en érigeant un mur d'arbres s'étendant de Dakar à Djibouti. La thèse de Bi Tra Olivier Gore, soutenue en 2025, s'inscrit dans cette dynamique en analysant les effets du reboisement sur les paramètres climatiques au Sénégal. Après quinze ans d'efforts, il est crucial de faire le point sur les résultats obtenus et d'envisager les implications futures de cette initiative.

Les données recueillies montrent des augmentations significatives des précipitations, de l'humidité du sol et de l'activité végétative dans les zones reboisées. Ces résultats sont le fruit d'une analyse rigoureuse utilisant des approches statistiques avancées. Par exemple, les précipitations ont augmenté de 2 à 8 % et l'humidité du sol de 25 à 54 % après le reboisement. Ces changements ne sont pas seulement des chiffres ; ils traduisent une dynamique écologique positive qui pourrait transformer la vie des populations locales. En effet, une augmentation de l'humidité du sol favorise non seulement la croissance des cultures, mais améliore également la biodiversité, essentielle pour la résilience des écosystèmes.

Cependant, il est essentiel de se poser des questions sur la pérennité de ces résultats. Quelles mesures doivent être prises pour garantir que ces avancées ne soient pas éphémères ? Comment intégrer ces résultats dans des politiques publiques durables ? Le reboisement a montré son efficacité, mais il doit s'accompagner d'une gestion intégrée des ressources naturelles pour maximiser son impact. Par exemple, l'implication des communautés locales dans la gestion des forêts reboisées est cruciale. Cela pourrait inclure des formations sur les pratiques agricoles durables et la conservation des ressources en eau.

Les simulations réalisées avec le modèle RegCM indiquent que le reboisement pourrait également influencer les régimes pluviométriques au-delà des zones reboisées. Cela soulève des enjeux géopolitiques et économiques importants, notamment en matière de coopération régionale. Les pays voisins pourraient bénéficier de ces changements climatiques favorables, mais cela nécessite une approche collaborative. Par exemple, des accords entre le Sénégal, le Mali et la Mauritanie pourraient être mis en place pour partager les bonnes pratiques et les ressources.

Enfin, la thèse met en lumière la nécessité d'une sensibilisation accrue des décideurs et des investisseurs. Le reboisement n'est pas seulement une question environnementale, mais aussi une opportunité économique. En séquestrant 5,8 millions de tonnes de carbone, cette initiative pourrait contribuer à la lutte contre le changement climatique tout en générant des bénéfices économiques pour les communautés locales. Les projets de reboisement peuvent également créer des emplois dans des secteurs comme l'agriculture durable, le tourisme écologique et la gestion des ressources naturelles.

Il est temps d'agir et de capitaliser sur ces résultats prometteurs. La Grande Muraille Verte ne doit pas être perçue uniquement comme un projet de reboisement, mais comme un véritable levier de développement durable. Les gouvernements, les ONG et les acteurs privés doivent unir leurs efforts pour garantir que cette initiative ait un impact durable. Cela pourrait inclure la mise en place de mécanismes de financement innovants, tels que des obligations vertes, qui pourraient attirer des investissements pour soutenir les projets de reboisement et de conservation.

En conclusion, l'impact du reboisement sur les paramètres climatiques au Sénégal, tel que révélé par la thèse de Bi Tra Olivier Gore, offre une lueur d'espoir pour le Sahel. Les résultats obtenus jusqu'à présent sont encourageants, mais ils nécessitent une attention continue et une action concertée pour assurer leur pérennité. Le reboisement, en tant que stratégie intégrée, pourrait non seulement améliorer les conditions climatiques, mais aussi renforcer la résilience économique et sociale des communautés locales. Le moment est venu de transformer ces résultats en actions concrètes et durables.

Données clés

  • 5,8 millions de tonnes : quantité de carbone séquestrée grâce aux efforts de reboisement sur une période de quinze ans.
  • 25 à 54 % : augmentation de l'humidité du sol observée après le reboisement.
  • 2 à 8 % : hausse des précipitations mesurée dans les zones reboisées.

Accéder à l'étude complète

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Sources et accès

Bi Tra Olivier Gore. IMPACTS DU REBOISEMENT SUR LES PARAMÈTRES CLIMATIQUES : CAS DE LA GRANDE MURAILLE VERTE DU SENEGAL. Physique Atmosphérique et Océanique [physics.ao-ph]. Université Félix Houphouet-Boigny de Cocody Abidjan Côte d'voire, 2025. Français. ⟨NNT : ⟩. ⟨tel-05361447⟩