Publié le 26 août 2025·7 min de lecture·★ LABEL STAR
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Menee conjointement par UGB et IRD [Ile-de-France], cette recherche met en lumière les dynamiques des maladies infectieuses à Madagascar.

L'Essentiel : Menee conjointement par UGB et IRD [Ile-de-France], cette recherche met en lumière les dynamiques des maladies infectieuses à Madagascar.

Jean Marius Rakotondramanga, chercheur·e au sein de UMMISCO; MIVEGEC (Université Gaston Berger de Saint-Louis Sénégal).

Thèse soutenue en 2023 à l'école doctorale École doctorale Pierre Louis de santé publique : épidémiologie et sciences de l'information biomédicale (Paris ; 2000-....).

Cette recherche est le fruit d'une cotutelle internationale entre plusieurs institutions partenaires.

Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.

À Madagascar, les maladies infectieuses, notamment le paludisme et le COVID-19, représentent des défis majeurs pour la santé publique. Ces maladies ne se contentent pas d'affecter la santé des individus, mais elles ont également des répercussions profondes sur le système de santé, l'économie et le bien-être social. La pandémie de COVID-19 a exacerbé une situation déjà critique, mettant à l'épreuve les systèmes de surveillance épidémiologique et les programmes de contrôle des maladies. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : entre 2015 et 2020, les cas de paludisme ont augmenté de manière alarmante, et les décès liés à cette maladie ont également connu une hausse significative. Cette thèse de Jean Marius Rakotondramanga, soutenue à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis, vise à analyser ces dynamiques à travers des approches de modélisation biostatistique et biomathématique, offrant ainsi une perspective scientifique sur des enjeux de santé publique cruciaux.

L'auteur a mené des études approfondies, notamment une analyse des facteurs d'exposition au paludisme dans les hautes terres de Madagascar, en utilisant des données provenant d'une étude randomisée sur 6 293 enfants. Cette approche permet d'identifier les groupes les plus vulnérables et de cibler les interventions de manière plus efficace. Parallèlement, il a évalué l'impact du COVID-19 à Antananarivo en se basant sur 45 959 enregistrements de décès. Ces travaux soulignent l'importance cruciale des données désagrégées et des systèmes de surveillance optimaux pour améliorer les programmes de lutte contre les maladies infectieuses.

Les résultats de cette recherche soulèvent plusieurs questions essentielles. Comment les décideurs peuvent-ils utiliser ces données pour renforcer les systèmes de santé publique ? Quelles stratégies doivent être mises en place pour éviter une nouvelle crise sanitaire ? Les interventions non-pharmaceutiques, bien que nécessaires durant la pandémie, ont eu des conséquences inattendues sur la lutte contre le paludisme, entraînant des millions de cas supplémentaires. Par exemple, les mesures de confinement et de distanciation sociale ont perturbé les campagnes de prévention du paludisme, comme la distribution de moustiquaires imprégnées et les traitements préventifs. Cela souligne la nécessité d'une approche intégrée et coordonnée pour gérer les maladies infectieuses, où chaque intervention est soigneusement planifiée pour éviter des effets secondaires indésirables.

Il est impératif que les décideurs prennent en compte ces dynamiques spatio-temporelles dans l'élaboration de politiques de santé publique. Les systèmes de surveillance doivent être renforcés pour permettre une réponse rapide et efficace aux épidémies. Cela implique non seulement de collecter des données précises et à jour, mais aussi de former le personnel de santé à l'analyse et à l'interprétation de ces données. Les données doivent être utilisées non seulement pour comprendre les tendances actuelles, mais aussi pour anticiper les futures menaces sanitaires.

La collaboration entre les institutions de recherche et les autorités sanitaires est essentielle pour mettre en œuvre des solutions durables et adaptées aux réalités locales. Par exemple, les partenariats entre les universités, les ONG et les gouvernements peuvent faciliter le partage des connaissances et des ressources, permettant ainsi une réponse collective face aux défis posés par les maladies infectieuses. En outre, il est crucial d'impliquer les communautés locales dans la conception et l'exécution des programmes de santé, car leur participation peut améliorer l'adhésion aux interventions et garantir que celles-ci répondent à leurs besoins spécifiques.

Enfin, la modélisation épidémiologique, comme celle proposée par Rakotondramanga, offre un outil précieux pour prédire l'évolution des épidémies et évaluer l'impact potentiel de différentes interventions. En intégrant des données environnementales, sociales et économiques, ces modèles peuvent fournir des scénarios réalistes qui aident les décideurs à planifier des réponses efficaces. En somme, la lutte contre le paludisme et le COVID-19 à Madagascar nécessite une approche multidimensionnelle, où la science, la politique et la communauté se rejoignent pour bâtir un avenir plus sain.

Données clés

  • 211 millions à 234 millions : augmentation des cas de paludisme entre 2015 et 2020
  • 542 000 à 593 000 : hausse des décès liés au paludisme sur la même période
  • 13,4 millions : cas supplémentaires de paludisme signalés entre 2020 et 2021 en raison des interventions liées au COVID-19

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Sources et accès

Jean Marius Rakotondramanga. Modélisation épidémiologique de la dynamique spatio-temporelle des maladies infectieuses à Madagascar : cas du paludisme et du COVID-19. Santé publique et épidémiologie. Sorbonne Université, 2023. Français. ⟨NNT : 2023SORUS615⟩. ⟨tel-04606499⟩