Publié le 7 janvier 2025·7 min de lecture·★ LABEL STAR
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Menee conjointement par UO et UASZ, cette recherche explore les défis et opportunités du tourisme littoral en Basse Casamance.

L'Essentiel : Menee conjointement par UO et UASZ, cette recherche explore les défis et opportunités du tourisme littoral en Basse Casamance.

Sadou Bocoum, chercheur·e au sein de CEDETE; LGE (Université d'Orléans).

Thèse soutenue en 2024 à l'école doctorale École doctorale Sciences de la Société : Territoires, Économie et Droit (Centre-Val de Loire ; 2018-....).

Cette recherche est le fruit d'une cotutelle internationale entre plusieurs institutions partenaires.

Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.

Le tourisme littoral en Basse Casamance, région riche en potentialités naturelles et culturelles, fait face à des défis majeurs qui mettent en péril son développement. En effet, malgré ses atouts indéniables, ce secteur est fragilisé par des contraintes telles que l'érosion côtière, les pressions foncières et les conflits d'usage. Ces problématiques soulèvent des questions cruciales sur la gestion durable de cette ressource précieuse. Comment optimiser l'aménagement du littoral tout en préservant son intégrité ? Quelles stratégies peuvent être mises en place pour valoriser les patrimoines sous-exploités et attirer un tourisme responsable ?

La Basse Casamance, avec ses plages de sable fin, ses mangroves luxuriantes et sa biodiversité exceptionnelle, possède un potentiel touristique immense. Cependant, les résultats de cette thèse révèlent une urbanisation alarmante sur le littoral, avec 802,77 hectares à Diembéring et 678,05 hectares à Kafountine entre 1979 et 2022. Cette urbanisation rapide entraîne des conflits d'usage entre les différents acteurs, notamment les promoteurs immobiliers, les agriculteurs et les pêcheurs, exacerbant ainsi les tensions locales. De plus, l'érosion côtière, qui touche de plus en plus de zones, est préoccupante. En effet, 76% des hôteliers signalent des problèmes d'aménagement, tandis que 72% des touristes constatent des conditions d'insalubrité. Ces chiffres illustrent l'urgence d'une intervention structurée pour redresser la situation et garantir un cadre de vie sain tant pour les résidents que pour les visiteurs.

L'étude s'appuie sur une méthodologie rigoureuse, combinant approches quantitatives et qualitatives. Des questionnaires, des guides d'entretien et des focus-groups ont permis d'analyser les perceptions des acteurs touristiques et de la population locale. Les résultats montrent que l'érosion côtière est devenue une menace sérieuse, avec une dégradation significative des plages et des infrastructures hôtelières. Par exemple, certaines plages emblématiques, naguère prisées par les touristes, sont désormais réduites à des pans de terre instables, rendant leur accès difficile et peu attrayant. Face à ces défis, des stratégies d'adaptation sont mises en place, mais elles demeurent souvent jugées inefficaces par les acteurs concernés, qui pointent du doigt le manque de coordination entre les différentes parties prenantes.

Pour répondre à ces enjeux, des recommandations sont proposées, notamment un zonage réglementaire du littoral qui permettrait de mieux encadrer l'urbanisation et de protéger les zones sensibles. La valorisation des patrimoines culturels et naturels, tels que les traditions locales, l'artisanat et la gastronomie, pourrait également jouer un rôle clé dans l'attraction de nouveaux visiteurs. En intégrant ces éléments dans l'offre touristique, la Basse Casamance pourrait se positionner comme une destination unique et authentique, loin des sentiers battus.

L'implication de tous les acteurs dans les initiatives est essentielle pour mieux répartir les ressources financières, diversifier l'offre et attirer davantage de visiteurs. Cela nécessite une approche collaborative, où les autorités locales, les entreprises touristiques, les communautés et les ONG travaillent ensemble pour élaborer des solutions durables. Par exemple, des projets de sensibilisation à l'écotourisme pourraient être mis en place pour éduquer les touristes sur l'importance de la préservation de l'environnement et des cultures locales.

La gestion durable du littoral est non seulement une nécessité, mais également une opportunité pour le développement économique de la région. En investissant dans des infrastructures respectueuses de l'environnement et en promouvant un tourisme responsable, la Basse Casamance peut non seulement préserver ses richesses naturelles, mais aussi améliorer le bien-être de sa population. Ainsi, le tourisme littoral pourrait devenir un levier de développement durable, favorisant la création d'emplois, la valorisation des savoir-faire locaux et la préservation des écosystèmes. En somme, il est impératif d'agir maintenant pour garantir un avenir radieux à cette région, riche de promesses et de potentialités.

Données clés

  • 802,77 ha : Surface urbanisée à Diembéring entre 1979 et 2022, illustrant l'urbanisation rapide et ses impacts sur le littoral.
  • 678,05 ha : Surface urbanisée à Kafountine sur la même période, soulignant les enjeux similaires dans cette commune.

Accéder à l'étude complète

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Sources et accès

Sadou Bocoum. Le tourisme littoral en Basse Casamance (Sénégal) entre perceptions et réalités : diagnostics, contraintes, potentialités. Géographie. Université d'Orléans; Université Assane Seck (Ziguinchor, Sénégal), 2024. Français. ⟨NNT : 2024ORLE1029⟩. ⟨tel-04827386⟩