Published on July 26, 2026·7 min read
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Menee conjointement par INRA et UAM, cette recherche évalue la phytodésalinisation des Vertisols au Niger grâce à Echinochloa stagnina.

L'Essentiel : Menee conjointement par INRA et UAM, cette recherche évalue la phytodésalinisation des Vertisols au Niger grâce à Echinochloa stagnina.

Maman Nassirou Ado, chercheur·e au sein de SAS (Institut National de la Recherche Agronomique).

Thèse soutenue en 2017 à l'école doctorale VAS: Vie Agro Santé.

Cette recherche est le fruit d'une cotutelle internationale entre plusieurs institutions partenaires.

La salinité des sols représente un enjeu majeur pour l'agriculture, en particulier dans les zones irriguées comme le périmètre rizicole de Kollo, situé dans la vallée du fleuve Niger au Niger. Cette région, qui bénéficie d'un potentiel agricole considérable, fait face à des défis importants liés à la salinité des Vertisols. Bien que ces sols soient naturellement riches en nutriments, leur salinité élevée limite leur productivité, ce qui constitue un obstacle majeur à la sécurité alimentaire et à la durabilité des systèmes agricoles locaux.

Cette étude, menée par l'INRA et l'Université Abdou Moumouni, se penche sur une solution innovante : la phytodésalinisation à l'aide de la plante Echinochloa stagnina. Cette plante aquatique, connue pour sa capacité à tolérer des niveaux élevés de salinité, pourrait offrir une alternative viable pour améliorer la qualité des sols salins. En utilisant E. stagnina, les chercheurs ont observé des résultats significatifs, tant en conditions contrôlées qu'en milieu naturel, ce qui soulève des questions sur son potentiel d'adoption à grande échelle.

Les résultats obtenus sont éloquents et méritent d'être soulignés. En conditions in situ, la salinité des sols a diminué de 33 à 36 % sous E. stagnina, tandis que la réduction était de 87 % en laboratoire. Ces chiffres montrent que cette plante n'est pas seulement une alternative, mais potentiellement une solution efficace pour améliorer la qualité des sols salins. En outre, E. stagnina génère une biomasse sèche importante, allant de 39 à 51 tonnes par hectare. Cela représente un potentiel économique non négligeable pour les agriculteurs de la région, qui pourraient bénéficier d'une augmentation de la productivité de leurs cultures.

Cependant, il est crucial de se poser la question : pourquoi cette méthode n'est-elle pas encore largement adoptée ? Les barrières à l'adoption de pratiques agricoles durables sont nombreuses. Parmi celles-ci, on peut citer le manque de sensibilisation des agriculteurs aux avantages de la phytodésalinisation, ainsi que la nécessité de formations spécifiques pour les aider à intégrer cette pratique dans leurs systèmes de culture. En effet, sans une compréhension approfondie des bénéfices et des techniques associées, il est peu probable que les agriculteurs s'engagent dans des changements significatifs.

De plus, la recherche doit se poursuivre pour explorer d'autres cultures tolérantes à la salinité et mieux comprendre les mécanismes en jeu. Par exemple, des études pourraient être menées sur d'autres espèces végétales qui pourraient également contribuer à la phytodésalinisation, ou sur des méthodes complémentaires qui pourraient renforcer l'efficacité de E. stagnina. L'interaction entre différentes espèces et leur impact sur la salinité des sols pourrait offrir des perspectives intéressantes pour l'agriculture durable dans la région.

Il est impératif que les décideurs prennent en compte ces résultats et envisagent des politiques qui favorisent l'intégration de ces pratiques dans les systèmes agricoles locaux. Cela pourrait inclure des incitations financières pour les agriculteurs qui adoptent des pratiques de phytodésalinisation, ainsi que des programmes de formation et de sensibilisation. La collaboration entre institutions de recherche et agriculteurs est essentielle pour maximiser l'impact de ces découvertes.

En somme, cette étude ouvre la voie à une agriculture plus résiliente face aux défis de la salinité, mais elle nécessite un engagement collectif pour transformer ces résultats en actions concrètes. La mise en place d'un réseau de partage d'expériences entre agriculteurs, ainsi que le soutien des autorités locales et nationales, pourrait faciliter l'adoption de ces pratiques. En fin de compte, la lutte contre la salinité des sols dans la vallée du fleuve Niger pourrait non seulement améliorer la productivité agricole, mais également contribuer à la sécurité alimentaire et à la durabilité des écosystèmes locaux.

Données clés

  • 87 % : Réduction de la salinité observée en laboratoire sous E. stagnina.
  • 39 à 51 t/ha : Biomasse sèche générée par E. stagnina, offrant un potentiel économique pour les agriculteurs.

Accéder à l'étude complète

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Sources et accès

Maman Nassirou Ado. Évaluation in situ et en conditions contrôlées de la phytodésalinisation des Vertisols irrigués. Cas d’étude du périmètre rizicole de Kollo (Niger) dans la vallée du fleuve Niger. Sciences du Vivant [q-bio]. AGROCAMPUS OUEST; Université Abdou Moumouni, 2017. Français. ⟨NNT : ⟩. ⟨tel-02791265⟩