Au sein de LaPsyDÉ - UMR 8240, Sixtine Omont-Lescieux a exploré le développement de la cognition numérique chez les enfants.
L'Essentiel : Au sein de LaPsyDÉ - UMR 8240, Sixtine Omont-Lescieux a exploré le développement de la cognition numérique chez les enfants.
Sixtine Omont-Lescieux, chercheur·e au sein de LaPsyDÉ - UMR 8240 (Université Paris Cité).
Thèse soutenue en 2023 à l'école doctorale École doctorale Cognition, comportements, conduites humaines (Paris ; 1996-....).
Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.
La thèse de Sixtine Omont-Lescieux aborde un sujet fondamental et d'une grande actualité : comment les fonctions cognitives spécifiques et générales influencent le développement de la cognition numérique chez les enfants. En se concentrant sur cette tranche d'âge cruciale, cette recherche met en lumière des mécanismes souvent négligés qui sous-tendent la compréhension des fractions et des proportions, des concepts mathématiques essentiels dans le parcours éducatif. Ces notions ne sont pas seulement des abstractions, mais elles sont également omniprésentes dans notre vie quotidienne, que ce soit dans la cuisine, la gestion des finances personnelles ou même dans la compréhension des statistiques dans les médias.
Les résultats de cette recherche révèlent que dès la naissance, les nourrissons possèdent des capacités de base qui peuvent être exploitées pour améliorer leur pensée mathématique. Par exemple, des études ont montré que les bébés peuvent discriminer des quantités différentes, ce qui suggère une forme rudimentaire de compréhension numérique. Cependant, la question se pose : qu'en est-il des biais cognitifs qui entravent cette compréhension et qui peuvent se développer au fil du temps ? Ces biais, souvent inconscients, peuvent avoir des répercussions significatives sur la manière dont les enfants apprennent et appliquent les mathématiques.
Les études comportementales et cérébrales menées par Omont-Lescieux, utilisant des techniques d'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), montrent que 1.3% à 10% des enfants souffrent de dyscalculie développementale. Ce chiffre alarmant souligne l'importance d'adapter les méthodes d'enseignement pour répondre aux besoins individuels des élèves. En effet, 73% des élèves de 15 ans en Allemagne montrent un biais de négligence du dénominateur dans des tâches de choix proportionnel. Cela pose la question cruciale : comment pouvons-nous améliorer l'enseignement des mathématiques pour éviter de tels biais et favoriser une compréhension plus profonde des concepts ?
Les recommandations issues de cette recherche sont claires et pertinentes : il est crucial de développer des méthodes pour mesurer la compréhension conceptuelle des mathématiques. Cela permettra non seulement d'améliorer l'enseignement, mais aussi d'aider les enfants à surmonter les obstacles cognitifs qui les freinent. En tenant compte des stratégies individuelles adoptées par les enfants, les enseignants peuvent mieux adapter leurs approches pédagogiques. Par exemple, des outils d'évaluation diagnostique pourraient être mis en place pour identifier les élèves en difficulté et leur fournir un soutien ciblé.
Cette thèse ouvre la voie à une réflexion plus large sur l'éducation mathématique et sur la manière dont nous pouvons mieux préparer les futures générations à naviguer dans un monde de plus en plus numérique. Dans le contexte de l'Afrique de l'Ouest, et plus particulièrement au Bénin, où l'accès à l'éducation et aux ressources pédagogiques peut être limité, il est d'autant plus crucial de repenser nos méthodes d'enseignement. Les biais cognitifs, la dyscalculie et les stratégies individuelles doivent être au cœur des préoccupations éducatives.
En intégrant ces éléments dans les programmes scolaires, nous pouvons espérer un avenir où chaque enfant, indépendamment de son milieu socio-économique, a les outils nécessaires pour exceller dans la cognition numérique. Cela nécessite non seulement une formation adéquate des enseignants, mais aussi une sensibilisation des parents et des communautés sur l'importance de l'éducation mathématique. En fin de compte, la recherche de Sixtine Omont-Lescieux nous pousse à repenser notre approche de l'enseignement des mathématiques, en plaçant l'enfant au centre du processus d'apprentissage.
Il est impératif que les systèmes éducatifs prennent en compte ces découvertes pour créer des environnements d'apprentissage inclusifs et adaptés. En investissant dans des méthodes d'enseignement qui tiennent compte des biais cognitifs et des besoins spécifiques des élèves, nous pouvons espérer réduire les inégalités en matière d'éducation et préparer les enfants à relever les défis d'une société de plus en plus numérique et complexe.
Données clés
- 1.3% à 10% : Prévalence de la dyscalculie développementale chez les enfants, impactant leur capacité à acquérir des compétences mathématiques.
- 73% : Pourcentage d'élèves de 15 ans en Allemagne présentant un biais de négligence du dénominateur dans des tâches de choix proportionnel.
Accéder à l'étude complète
Sources et accès
Sixtine Omont-Lescieux. How domain-specific and domain-general functions contribute to the development of numerical cognition : behavioral and cerebral aspects. Neuroscience. Université Paris Cité, 2023. English. ⟨NNT : 2023UNIP7338⟩. ⟨tel-05405696⟩
