Au sein de ECEVE (U1123 / UMR_S_1123), Bibata Wassonguema a évalué l'impact économique de la malnutrition aiguë sévère chez les enfants au Sénégal.
L'Essentiel : Au sein de ECEVE (U1123 / UMR_S_1123), Bibata Wassonguema a évalué l'impact économique de la malnutrition aiguë sévère chez les enfants au Sénégal.
Bibata Wassonguema, chercheur·e au sein de ECEVE (U1123 / UMR_S_1123) (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale).
Thèse soutenue en 2025 à l'école doctorale École doctorale Pierre Louis de santé publique : épidémiologie et sciences de l'information biomédicale (Paris ; 2000-....).
Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.
La malnutrition aiguë sévère (MAS) est une problématique de santé publique qui touche de manière disproportionnée les enfants de moins de cinq ans, en particulier dans des régions vulnérables comme le nord du Sénégal. Cette thèse de Bibata Wassonguema met en lumière les conséquences économiques et sociales de la MAS, un sujet souvent sous-estimé dans les débats politiques et économiques. En effet, bien que des efforts aient été réalisés pour améliorer la prise en charge de cette condition, les cas compliqués nécessitent des hospitalisations prolongées, engendrant des coûts significatifs pour les ménages et les systèmes de santé.
Les résultats de l'étude révèlent que le coût total moyen d'hospitalisation pour une MAS compliquée s'élève à 431,9 USD, dont 92 % sont des coûts directs. Ces coûts comprennent non seulement les frais d'hospitalisation, mais aussi les dépenses liées aux médicaments, aux consultations et aux soins supplémentaires. Les ménages supportent près de la moitié de ces coûts, malgré les politiques de gratuité mises en place. Cela soulève des questions sur l'efficacité des politiques de santé publique et sur la manière dont elles prennent en compte les réalités économiques des familles. En effet, il est préoccupant de constater que, même avec des initiatives visant à réduire les frais médicaux, la charge financière reste lourde pour les familles, ce qui peut les pousser à renoncer aux soins nécessaires pour leurs enfants.
Les coûts varient selon le sexe de l'enfant, le type de complication et le type de structure de soins, ce qui indique une inégalité d'accès aux soins. Par exemple, les garçons peuvent être plus souvent hospitalisés pour des complications liées à la malnutrition, ce qui peut être attribué à des normes culturelles ou à des biais dans la perception des besoins de santé. De plus, les enfants traités dans des hôpitaux publics peuvent bénéficier de soins moins coûteux que ceux dans des cliniques privées, mais ces dernières peuvent offrir des services plus rapides et de meilleure qualité, créant ainsi une dichotomie dans l'accès aux soins.
Les délais dans le recours aux soins sont souvent dus à des contraintes financières et logistiques. Les familles, confrontées à des dépenses imprévues, adoptent des stratégies d'adaptation qui aggravent leur situation économique, comme la réduction des dépenses alimentaires ou l'endettement. Par exemple, une famille peut être contrainte de vendre des biens ou de contracter des prêts à des taux d'intérêt élevés pour couvrir les frais médicaux, ce qui les plonge dans un cycle de pauvreté. Ces choix ont des répercussions non seulement sur la santé des enfants, mais aussi sur leur éducation et le bien-être général des ménages. Les enfants malnutris sont souvent absents de l'école, ce qui compromet leur avenir et celui de leur communauté.
Il est essentiel que les décideurs prennent en compte ces éléments pour élaborer des politiques publiques plus efficaces. La modélisation de décision pourrait offrir des perspectives intéressantes pour mieux comprendre le parcours de soins des enfants atteints de MAS et pour évaluer le fardeau économique associé. En intégrant ces données dans la planification des interventions, il serait possible d'alléger le fardeau économique pour les ménages et d'améliorer la prise en charge des enfants malnutris. Par exemple, des programmes de soutien financier ciblés pourraient être mis en place pour aider les familles à couvrir les coûts des soins, tout en garantissant un accès équitable aux services de santé.
En somme, cette thèse constitue une base solide pour orienter les politiques publiques et renforcer la résilience des ménages face à la malnutrition aiguë sévère. Les résultats obtenus doivent inciter à une réflexion approfondie sur les stratégies à mettre en place pour lutter contre ce fléau et garantir un avenir meilleur pour les enfants du Sénégal. Il est impératif que les gouvernements, les ONG et les acteurs de la santé collaborent pour développer des solutions durables, qui non seulement traitent la malnutrition, mais aussi améliorent les conditions de vie des familles vulnérables. En fin de compte, la lutte contre la malnutrition aiguë sévère est une question de justice sociale et de droit à la santé, qui mérite une attention urgente et soutenue.
Données clés
- 431,9 USD : Coût total moyen d'hospitalisation pour une malnutrition aiguë sévère compliquée.
- 45,3 % : Proportion des coûts directs supportés par les ménages.
Accéder à l'étude complète
Sources et accès
Bibata Wassonguema. Évaluation de l'impact financier et économique de la malnutrition aiguë sévère chez les enfants de 6 à 59 mois dans le nord du Sénégal. Economies et finances. Université Paris Cité, 2025. Français. ⟨NNT : 2025UNIP5158⟩. ⟨tel-05676733⟩
