Au sein de LEREPS, Lorine Maretz a exploré l'accès aux ressources pour la transition agroécologique en Afrique de l'Ouest et en Occitanie.
L'Essentiel : Au sein de LEREPS, Lorine Maretz a exploré l'accès aux ressources pour la transition agroécologique en Afrique de l'Ouest et en Occitanie.
Lorine Maretz, chercheur·e au sein de LEREPS (Université Toulouse Capitole).
Thèse soutenue en 2025 à l'école doctorale École doctorale Temps, Espaces, Sociétés, Cultures (Toulouse).
Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.
L'agriculture contemporaine, dans toute sa complexité, fait face à des défis sans précédent qui mettent à l'épreuve la capacité des systèmes agroalimentaires à répondre aux besoins croissants de la population mondiale. La sécurité alimentaire, qui est un enjeu fondamental, est menacée par des facteurs tels que le changement climatique, l'urbanisation rapide et la dégradation des terres. En parallèle, la réduction de la pauvreté reste une priorité cruciale, surtout dans des régions comme l'Afrique de l'Ouest, où une grande partie de la population dépend de l'agriculture pour sa subsistance. Enfin, la préservation des ressources naturelles, essentielles à la vie sur notre planète, est devenue un impératif incontournable. Dans ce contexte, la transition agroécologique (TAE) apparaît comme une réponse nécessaire pour atténuer l'impact environnemental et renforcer la résilience des systèmes agroalimentaires. Mais comment les communautés peuvent-elles accéder aux ressources nécessaires pour cette transition ? C'est la question centrale que se pose la thèse de Lorine Maretz, qui met en lumière le rôle des relations sociales et des savoirs endogènes dans ce processus vital.
L'étude se concentre sur deux régions distinctes, à savoir l'Afrique de l'Ouest et l'Occitanie, qui, bien que géographiquement éloignées, partagent des défis similaires en matière d'agriculture durable. En analysant les dynamiques d'accès aux ressources dans ces contextes socio-économiques variés, Maretz révèle des similitudes et des différences significatives. Par exemple, en Afrique de l'Ouest, les agriculteurs font souvent face à des contraintes d'accès à l'eau et à des terres arables de qualité, alors qu'en Occitanie, les enjeux sont davantage liés à la gestion de l'eau et à la préservation des sols face à l'érosion. Les savoirs traditionnels, souvent négligés dans les discours modernes sur l'agriculture, se révèlent essentiels pour l'adaptation des pratiques agricoles face aux changements climatiques. Les agriculteurs qui intègrent ces savoirs dans leurs méthodes tendent à adopter des pratiques plus durables, contribuant ainsi à une meilleure résilience face aux aléas climatiques. Par exemple, des techniques telles que l'agroforesterie, qui combine cultures et arbres, sont utilisées avec succès tant en Afrique qu'en Occitanie, permettant de diversifier les sources de revenus tout en protégeant les sols.
Les réseaux sociaux jouent également un rôle clé dans le partage de ces savoirs. Ils facilitent les échanges entre agriculteurs, permettant une diffusion rapide des bonnes pratiques et des innovations. Cette dynamique de partage est cruciale pour renforcer les capacités locales et favoriser une transition agroécologique réussie. En Afrique de l'Ouest, des initiatives comme les « champs écoles » permettent aux agriculteurs de se rencontrer régulièrement pour échanger des expériences et des techniques. De même, en Occitanie, des plateformes numériques émergent pour connecter les agriculteurs et favoriser l'échange de savoirs. Cependant, il est nécessaire de revaloriser ces savoirs endogènes et d'encourager les échanges de connaissances entre les différentes régions pour maximiser leur impact. Cela implique une reconnaissance institutionnelle des pratiques locales et un soutien à la formation continue des agriculteurs.
Les recommandations stratégiques de cette recherche soulignent l'importance d'une approche intégrée qui reconnaît la valeur des savoirs locaux et des relations sociales. En effet, la transition vers des systèmes agricoles durables ne peut se faire sans une prise en compte des spécificités culturelles et sociales des communautés. Par exemple, les pratiques agricoles ne sont pas seulement des techniques, mais aussi des éléments culturels qui renforcent l'identité des communautés. Cette thèse ouvre ainsi la voie à de nouvelles réflexions sur les politiques agricoles et environnementales, tant en Afrique de l'Ouest qu'en Occitanie. Les décideurs doivent s'interroger sur la manière dont ils peuvent soutenir ces dynamiques locales et favoriser l'émergence de solutions adaptées aux réalités du terrain. Cela pourrait passer par des politiques de soutien à l'agriculture familiale, la mise en place de programmes de formation adaptés, ou encore la promotion de circuits courts qui valorisent les produits locaux.
En conclusion, la transition agroécologique est un processus complexe qui nécessite une approche holistique, tenant compte des savoirs endogènes et des relations sociales. Les communautés, qu'elles soient en Afrique de l'Ouest ou en Occitanie, doivent être au cœur de cette transition, car elles détiennent les clés de leur propre avenir agricole. En favorisant l'accès aux ressources et en valorisant les savoirs locaux, il est possible de construire des systèmes agroalimentaires plus résilients, durables et équitables.
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Sources et accès
Lorine Maretz. L'accès aux ressources par les communautés dans la transition agroécologique : une analyse croisée entre Afrique de l'Ouest et Occitanie. Economies et finances. Université de Toulouse, 2025. Français. ⟨NNT : 2025TLSEJ124⟩. ⟨tel-05603619⟩
