Publié le 8 février 2025·7 min de lecture·★ LABEL STAR
⬇ PDF⬇ PPTX

Au sein de CERDI, Denera Atanguegnima a exploré les effets des migrations internationales sur le développement économique en Afrique.

L'Essentiel : Au sein de CERDI, Denera Atanguegnima a exploré les effets des migrations internationales sur le développement économique en Afrique.

Denera Atanguegnima, chercheur·e au sein de CERDI (Institut de Recherche pour le Développement).

Thèse soutenue en 2024 à l'école doctorale École doctorale des sciences économiques, juridiques, politiques et de gestion (Clermont-Ferrand).

Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.

Les migrations internationales sont souvent perçues comme un phénomène complexe, oscillant entre opportunité et défi pour les pays d'origine et d'accueil. Dans sa thèse, Denera Atanguegnima met en lumière les effets des migrations sur le développement économique en Afrique, en se concentrant sur des dimensions clés telles que l'inclusion financière et le marché du travail. Les flux migratoires, qui ont atteint 548 milliards USD en 2019, représentent une source de financement significative pour les économies africaines. Ces transferts de fonds, souvent appelés remises, jouent un rôle crucial dans le soutien des familles restées au pays, en leur permettant d'accéder à des biens essentiels, à l'éducation et aux soins de santé. Cependant, malgré ces transferts de fonds, le taux de pénétration bancaire en Afrique subsaharienne reste alarmant, à seulement 20%. Cette situation soulève des questions cruciales : comment maximiser l'impact des migrations sur le développement économique ? Quelles politiques peuvent être mises en place pour améliorer l'accès aux services financiers ?

L'analyse des effets des migrations sur le marché du travail révèle des résultats nuancés. Les migrations peuvent avoir des effets positifs, mais ces effets varient selon les contextes locaux et les politiques adoptées. Par exemple, dans certains cas, l'immigration peut stimuler l'emploi et la productivité, comme on l'a observé dans des pays comme le Ghana, où les travailleurs migrants ont contribué à la croissance du secteur informel. En revanche, dans d'autres contextes, l'arrivée de migrants peut engendrer des tensions sur le marché du travail, notamment lorsque les ressources sont limitées, comme cela a été le cas dans certaines régions du Nigeria. Cela souligne l'importance d'une approche contextuelle dans l'élaboration des politiques migratoires, qui doit tenir compte des spécificités locales et des besoins du marché du travail.

L'inclusion financière émerge comme un levier essentiel pour le développement. En améliorant l'accès aux services financiers, les pays peuvent non seulement augmenter les bénéfices des transferts de fonds, mais aussi renforcer la résilience économique des ménages. Par exemple, des initiatives telles que le mobile banking, qui a connu un essor considérable en Afrique de l'Est, permettent aux migrants d'envoyer de l'argent à leurs familles de manière rapide et sécurisée, tout en leur offrant des outils pour épargner et investir. Les recommandations de la thèse incluent la promotion de la libre circulation des personnes, qui pourrait renforcer l'intégration régionale et favoriser un développement économique plus inclusif. En facilitant les déplacements, les pays d'Afrique de l'Ouest pourraient bénéficier d'une main-d'œuvre plus dynamique et d'un échange de compétences accru.

Les décideurs doivent également s'interroger sur les implications à long terme des migrations. Quelles sont les dynamiques qui se mettent en place sur le marché du travail ? Comment les politiques d'inclusion financière peuvent-elles être intégrées dans les stratégies de développement économique ? Par exemple, en intégrant des programmes de formation professionnelle pour les migrants, les pays pourraient non seulement améliorer leur employabilité, mais aussi répondre aux besoins spécifiques du marché local. Ces questions méritent une attention particulière pour maximiser le potentiel des migrations en tant que moteur de croissance économique en Afrique.

Il est également crucial de considérer les impacts sociaux des migrations. Les migrants, en apportant de nouvelles compétences et perspectives, peuvent contribuer à la diversité culturelle et à l'innovation dans les pays d'accueil. Cependant, cela peut également engendrer des tensions sociales, notamment si les populations locales perçoivent les migrants comme une menace pour leurs emplois ou leurs ressources. Les gouvernements doivent donc travailler à la sensibilisation et à l'éducation des populations locales afin de favoriser une coexistence harmonieuse.

Enfin, il est essentiel de renforcer la coopération entre les pays d'origine et d'accueil. Des accords bilatéraux sur la migration peuvent faciliter la gestion des flux migratoires et garantir que les bénéfices des migrations soient partagés équitablement. En Afrique de l'Ouest, des initiatives comme la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) ont déjà montré la voie en promouvant la libre circulation des personnes. En conclusion, les migrations internationales, lorsqu'elles sont bien gérées, peuvent être un puissant moteur de développement économique et social pour l'Afrique, mais cela nécessite des politiques réfléchies et inclusives.

Données clés

  • 548 milliards USD : Montant des flux financiers des migrations en Afrique en 2019.
  • 20% : Taux de pénétration bancaire en Afrique subsaharienne.

Accéder à l'étude complète

Laissez votre email pour recevoir la note de synthèse détaillée et débloquer la lecture de l'article concernant economie-developpement (Réf: migrations-economie-afrique-tel-05039306).
Vos données sont protégées. Désinscription à tout moment.

Sources et accès

Denera Atanguegnima. Migrations internationales et développement en Afrique. Economies et finances. Université Clermont Auvergne, 2024. Français. ⟨NNT : 2024UCFA0209⟩. ⟨tel-05039306⟩