Publié le 13 avril 2025·7 min de lecture·★ LABEL STAR
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Au sein de GEOARCHI, Gbèhouèkan Sylvestre Edjekpoto a exploré la fabrique patrimoniale et les enjeux touristiques à Ouidah.

L'Essentiel : Au sein de GEOARCHI, Gbèhouèkan Sylvestre Edjekpoto a exploré la fabrique patrimoniale et les enjeux touristiques à Ouidah.

Gbèhouèkan Sylvestre Edjekpoto, chercheur·e au sein de GEOARCHI (Université de Bretagne Sud).

Thèse soutenue en 2022 à l'école doctorale École doctorale Sociétés, temps, territoires (Angers).

Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.

La thèse de Gbèhouèkan Sylvestre Edjekpoto met en lumière un sujet crucial pour Ouidah, au Bénin : la relation entre patrimoine culturel et tourisme. En examinant la mémoire de la traite négrière, les pratiques culturelles vodoun et les architectures anciennes, cette recherche soulève des questions fondamentales sur la manière dont ces éléments peuvent être valorisés sans tomber dans les pièges de l'européocentrisme et de la touristification. Cette thèse s'inscrit dans un contexte où le Bénin, et plus particulièrement Ouidah, se positionne comme un lieu de mémoire et d'identité, mais aussi comme une destination touristique de plus en plus prisée.

La ville de Ouidah, avec sa population de plus de 90 000 habitants, est un carrefour d'histoire et de culture. Elle est le témoin d'une histoire tragique, celle de la traite négrière, qui a laissé des traces indélébiles dans la mémoire collective. Les initiatives locales, comme le financement du monument de la porte de Ouidah par l'Association Vivre à Ouidah, témoignent de l'engagement des habitants dans la valorisation de leur patrimoine. Ce monument, symbole de l'histoire douloureuse de la traite, est devenu un point de convergence pour les visiteurs, mais aussi pour les habitants qui cherchent à redonner sens à leur histoire. Pourtant, cette dynamique est complexe. Les acteurs impliqués dans la patrimonialisation ont des intérêts souvent divergents, ce qui rend la conciliation entre préservation et développement touristique délicate.

Les résultats de cette étude révèlent la nécessité d'une approche équilibrée. Il est essentiel d'intégrer les voix des communautés locales dans les initiatives patrimoniales. Cela implique de réaliser des études approfondies avant toute intervention, afin de s'assurer que les projets répondent aux besoins et aux aspirations des habitants. Par exemple, des consultations régulières avec les leaders communautaires et les artisans locaux peuvent permettre de mieux comprendre les enjeux culturels et économiques en jeu. En effet, la patrimonialisation ne doit pas être perçue comme une simple opportunité économique, mais comme un processus qui doit respecter et valoriser les identités culturelles.

Les pratiques culturelles vodoun, qui sont souvent mal comprises ou stigmatisées, doivent également être prises en compte dans cette dynamique. Le vodoun, loin d'être une simple religion, est un système de croyances profondément ancré dans la culture béninoise, et il joue un rôle central dans la vie quotidienne des habitants. La mise en valeur de ces pratiques peut non seulement enrichir l'expérience touristique, mais aussi renforcer le sentiment d'appartenance des habitants à leur culture.

Les recommandations stratégiques issues de cette recherche sont claires : il faut encourager la participation active des habitants et éviter les dérives de la touristification qui pourraient dénaturer l'authenticité des pratiques culturelles. Cela peut passer par la création d'ateliers de sensibilisation à destination des touristes, afin de leur faire comprendre l'importance de respecter les traditions locales. En somme, la thèse de Gbèhouèkan Sylvestre Edjekpoto offre des pistes concrètes pour une gestion durable du patrimoine culturel à Ouidah, tout en soulignant l'importance d'une réflexion collective sur les enjeux de la mémoire et de l'identité.

Il est également crucial de penser à des modèles de développement touristique qui ne soient pas uniquement basés sur l'afflux de visiteurs, mais qui favorisent également l'économie locale. Par exemple, la mise en place de circuits touristiques gérés par des communautés locales peut permettre de redistribuer les bénéfices du tourisme de manière plus équitable. Cela pourrait également encourager les jeunes à s'investir dans la préservation de leur patrimoine, en leur offrant des perspectives d'avenir.

En conclusion, la thèse de Gbèhouèkan Sylvestre Edjekpoto ne se limite pas à une analyse académique, mais propose une véritable réflexion sur la manière dont Ouidah peut naviguer entre mémoire, culture et développement touristique. C'est un appel à l'action pour les décideurs, les acteurs du tourisme et les communautés locales, afin de construire ensemble un avenir où le patrimoine culturel est non seulement préservé, mais également célébré et partagé.

Données clés

  • 90 000 : Population de Ouidah en 2020, indiquant l'importance d'une gestion patrimoniale adaptée aux besoins locaux.

Accéder à l'étude complète

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Sources et accès

Gbèhouèkan Sylvestre Edjekpoto. Fabrique patrimoniale et enjeux touristiques à Ouidah (Bénin) : place de la mémoire de la traite négrière, des pratiques culturelles vodoun et des architectures anciennes. Architecture, aménagement de l'espace. Université de Bretagne occidentale - Brest; Université d'Abomey-Calavi UAC (Bénin), 2022. Français. ⟨NNT : 2022BRES0051⟩. ⟨tel-05265059⟩