Au sein de IDPS, Serigne Khassime Coulbary a analysé la structure juridique de l'empire colonial français en Afrique occidentale.
L'Essentiel : Au sein de IDPS, Serigne Khassime Coulbary a analysé la structure juridique de l'empire colonial français en Afrique occidentale.
Serigne Khassime Coulbary, chercheur·e au sein de IDPS (Université Sorbonne Paris Nord).
Thèse soutenue en 2023 à l'école doctorale École doctorale Érasme (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis).
Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.
La thèse de Serigne Khassime Coulbary met en lumière les mécanismes juridiques qui ont permis à l'empire colonial français de s'implanter et de se structurer en Afrique occidentale. En examinant les décrets coloniaux, les arrêts judiciaires et les discours politiques de l'époque, l'auteur démontre comment le droit a été utilisé comme un outil de domination. Cette recherche soulève des questions fondamentales sur la légitimité des lois coloniales et leur impact sur les sociétés indigènes, en particulier dans un contexte où les notions de justice et d'égalité étaient souvent bafouées au profit d'une hiérarchie raciale et économique.
Les résultats de cette étude révèlent que les décrets coloniaux ont eu des conséquences profondes sur les populations locales. Par exemple, l'expropriation des terres agricoles a non seulement affecté les cultivateurs, mais a également modifié les structures sociales et économiques des communautés. Les terres, qui étaient souvent considérées comme des biens communs, ont été privatisées au profit de colons européens, entraînant une perte d'identité et de culture pour de nombreuses communautés. La création de sociétés de prévoyance, bien que présentée comme une avancée, a souvent servi à renforcer le contrôle colonial plutôt qu'à améliorer les conditions de vie des indigènes. Ces sociétés, censées offrir une protection sociale, étaient en réalité des instruments de contrôle qui assujettissaient davantage les populations locales à l'autorité coloniale.
La thèse appelle à une décolonisation juridique et historique, plaidant pour une reconnaissance des droits des populations indigènes dans les législations contemporaines. Cette démarche est cruciale pour rétablir une justice sociale et économique dans les pays africains post-coloniaux. En effet, la réévaluation des politiques coloniales pourrait ouvrir la voie à des réformes significatives qui prennent en compte les réalités et les droits des populations locales. Par exemple, la restitution des terres aux communautés autochtones pourrait non seulement réparer des injustices historiques, mais aussi favoriser un développement durable basé sur les savoirs traditionnels.
Les implications de cette recherche vont au-delà de l'analyse historique. Elles touchent à des enjeux contemporains liés à la gouvernance, à la justice sociale et aux droits humains. En intégrant ces perspectives dans les politiques publiques actuelles, il est possible de construire un avenir plus équitable et inclusif pour les sociétés africaines. Les mouvements sociaux contemporains, qui revendiquent des droits fonciers et la reconnaissance des cultures locales, trouvent dans cette thèse des arguments solides pour leurs luttes.
En somme, cette thèse ne se limite pas à un examen du passé, mais propose également des pistes pour un avenir où les droits des populations indigènes sont pleinement reconnus et respectés. La prise en compte des leçons du passé est essentielle pour éviter la répétition des erreurs historiques. Les pays d'Afrique de l'Ouest, en particulier, doivent s'engager dans un processus de réconciliation avec leur histoire coloniale, en intégrant les voix et les perspectives des populations qui ont été marginalisées.
Ainsi, la thèse de Serigne Khassime Coulbary ouvre un débat nécessaire sur la façon dont les héritages coloniaux continuent d'influencer les structures juridiques et sociales actuelles. Elle invite à une réflexion profonde sur la manière dont les États africains peuvent se réapproprier leur histoire et construire des systèmes juridiques qui soient véritablement représentatifs de la diversité et des aspirations de leurs populations. En fin de compte, il s'agit de bâtir un avenir où la justice sociale et les droits humains ne sont pas de simples idéaux, mais des réalités tangibles pour tous.
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Sources et accès
Serigne Khassime Coulbary. La structure juridique de l'empire colonial français sous la IIIe République : le cas de l'Afrique occidentale française.. Droit. Université Paris-Nord - Paris XIII, 2023. Français. ⟨NNT : 2023PA131086⟩. ⟨tel-05057729⟩
