Publié le 27 avril 2026·7 min de lecture·★ LABEL STAR
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Au sein de CREDESPO, Adama Traore a exploré la gestion des ressources en eau du fleuve Sénégal et ses enjeux juridiques.

L'Essentiel : Au sein de CREDESPO, Adama Traore a exploré la gestion des ressources en eau du fleuve Sénégal et ses enjeux juridiques.

Adama Traore, chercheur·e au sein de CREDESPO (Université Bourgogne Europe).

Thèse soutenue en 2026 à l'école doctorale École doctorale Droit, Gestion, Economie et Politique.

Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.

La gestion des ressources en eau est un enjeu majeur pour les pays riverains du fleuve Sénégal, qui s'étend sur plusieurs États d'Afrique de l'Ouest, notamment le Sénégal, la Mauritanie, le Mali et la Guinée. Ce fleuve, qui est une source vitale d'eau pour des millions de personnes, est également crucial pour l'agriculture, la pêche et d'autres activités économiques. Pourtant, malgré les efforts déployés par l'Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS), les résultats sont loin d'être à la hauteur des attentes. Les conflits d'intérêts persistent entre les différentes parties prenantes, et la protection de l'écosystème aquatique est jugée insuffisante. Pourquoi cette situation perdure-t-elle ? Quelles sont les véritables motivations derrière les actions de l'OMVS ?

L'analyse des conventions de l'OMVS et du droit interne des États membres révèle des lacunes dans la mise en œuvre d'une gestion concertée. Par exemple, les accords signés entre les États ne sont pas toujours respectés, et les mécanismes de suivi et d'évaluation font souvent défaut. Les relevés sur le terrain et les interviews avec les acteurs locaux montrent que les communautés riveraines ne se sentent pas entendues ni impliquées dans les décisions qui les concernent. Ce manque de communication et de compréhension entre les gestionnaires de l'eau et les populations locales entrave toute avancée vers une gestion durable. En effet, les décisions prises à des niveaux supérieurs ne tiennent pas compte des réalités vécues par les habitants des rives du fleuve.

Il est essentiel de repenser la manière dont les ressources en eau sont gérées. Les savoirs locaux et les pratiques coutumières doivent être intégrés dans les politiques de gestion. Les communautés riveraines possèdent une connaissance précieuse de leur environnement et de ses besoins. Par exemple, les pêcheurs locaux connaissent les périodes de reproduction des poissons et les zones de frayères, des informations qui pourraient être cruciales pour la gestion durable des ressources halieutiques. Ignorer cette expertise, c'est risquer de perpétuer des conflits et de nuire à l'écosystème aquatique. Une approche qui valorise les savoirs traditionnels pourrait également renforcer la résilience des communautés face aux changements climatiques, qui menacent de perturber les régimes hydrologiques.

La thèse d'Adama Traore met en lumière l'importance d'une approche participative et inclusive. Les autorités doivent aller au-delà des discours et des promesses. Elles doivent établir des mécanismes concrets permettant aux populations de s'exprimer et de participer activement à la gestion des ressources en eau. Cela pourrait inclure la création de comités de gestion de l'eau au niveau local, où les représentants des communautés riveraines auraient un siège à la table des décisions. La protection de l'écosystème aquatique ne peut être efficace que si elle repose sur une collaboration réelle entre tous les acteurs concernés, y compris les gouvernements, les ONG, les entreprises et les communautés locales.

En somme, la gestion des ressources en eau du fleuve Sénégal nécessite une refonte profonde. Les enjeux économiques et environnementaux sont trop importants pour être laissés entre les mains d'une élite déconnectée des réalités locales. Une véritable gestion concertée des ressources en eau est non seulement souhaitable, mais indispensable pour garantir un avenir durable aux populations riveraines et à l'écosystème du fleuve. Cela implique également une sensibilisation accrue des populations sur les enjeux liés à l'eau et à l'environnement, afin de favoriser un changement de comportement et une prise de conscience collective.

Enfin, il est crucial que les États riverains collaborent davantage entre eux, car le fleuve Sénégal est un bien commun qui transcende les frontières. La mise en place d'une gouvernance régionale efficace, qui inclut tous les acteurs concernés, pourrait permettre de mieux gérer les ressources en eau et de prévenir les conflits. En intégrant les voix des communautés locales et en valorisant leurs savoirs, l'OMVS pourrait devenir un véritable catalyseur de changement, capable de transformer la gestion des ressources en eau en Afrique de l'Ouest.

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Sources et accès

Adama Traore. L'Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) : régime juridique et protection des ressources en eau du fleuve Sénégal. Droit. Université Bourgogne Europe, 2026. Français. ⟨NNT : 2026UBEUF001⟩. ⟨tel-05698075⟩