Au sein de LESC, Delphine Durand Sall a exploré l'habitat à Guet Ndar, révélant les dynamiques de genre et de parenté.
L'Essentiel : Au sein de LESC, Delphine Durand Sall a exploré l'habitat à Guet Ndar, révélant les dynamiques de genre et de parenté.
Delphine Durand Sall, chercheur·e au sein de LESC (Université Paris Nanterre).
Thèse soutenue en 2025 à l'école doctorale École doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent.
Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.
L'étude ethnographique menée à Guet Ndar, un quartier de pêcheurs à Saint-Louis du Sénégal, met en lumière des dynamiques sociales complexes qui méritent d'être explorées en profondeur. À travers l'observation des interactions quotidiennes, l'auteur révèle comment les relations de parenté et de genre structurent non seulement l'espace domestique, mais aussi le tissu social de cette communauté. Dans ce cadre, les femmes, en tant qu'actrices principales, jouent un rôle central dans la création et l'organisation des réseaux de cohabitation. Leur sociabilité et leurs interactions façonnent non seulement les maisons, mais également les ruelles et les espaces communautaires, transformant ainsi Guet Ndar en un véritable microcosme de la société wolof.
Les résultats de cette recherche soulignent que l'habiter à Guet Ndar ne se limite pas à la simple occupation d'un espace physique. Il s'agit d'une construction sociale où les relations d'affinité et de parenté influencent les dynamiques de pouvoir et de solidarité. Les hommes, souvent distants, se regroupent dans des espaces séparés, tels que les tavernes ou les lieux de pêche, tandis que les femmes occupent le cœur de la vie communautaire, s'occupant des enfants, des tâches ménagères et de la vente de produits locaux. Cette séparation des genres pose des questions cruciales sur l'égalité et la répartition des rôles au sein de la société wolof, notamment en ce qui concerne l'accès aux ressources et aux décisions communautaires.
Il est intéressant de noter que cette dynamique de genre n'est pas figée. Par exemple, certaines femmes prennent des initiatives pour s'impliquer dans des activités économiques, comme la création de coopératives de pêche ou de transformation de produits halieutiques. Ces initiatives montrent que les femmes, bien que souvent reléguées à des rôles traditionnels, commencent à revendiquer une place plus active dans l'économie locale. Cela soulève des questions sur l'évolution des rôles de genre et sur la manière dont ces changements peuvent influencer les structures de pouvoir au sein de la communauté.
La thèse aborde également la question de la submersion due aux changements climatiques, un enjeu crucial pour les habitants de Guet Ndar. La menace d'une montée des eaux rend la question de l'espace encore plus pressante. Comment les habitants s'adaptent-ils à cette réalité ? Quelles stratégies mettent-ils en place pour préserver leur mode de vie ? Ces interrogations sont au cœur de l'analyse de l'auteur, qui propose une réflexion sur la résilience des communautés face aux défis environnementaux.
Les habitants de Guet Ndar ont développé diverses stratégies d'adaptation, allant de la construction de digues à la mise en place de systèmes de drainage pour éviter les inondations. De plus, la solidarité entre voisins devient essentielle dans ces moments de crise, renforçant ainsi les liens communautaires. Cette résilience collective est un témoignage de la capacité des populations à faire face à des défis environnementaux croissants, tout en préservant leur identité culturelle et sociale.
En somme, cette recherche offre une perspective unique sur l'organisation sociale dans un contexte urbain et environnemental difficile. Elle invite à repenser les notions d'habitat et de communauté, en intégrant les dimensions de genre et de parenté. Les résultats de cette thèse pourraient avoir des implications significatives pour les politiques publiques, notamment en matière d'urbanisme et de gestion des ressources dans les zones côtières.
Il est crucial que les décideurs prennent en compte ces dynamiques sociales dans la planification urbaine, afin de créer des espaces qui favorisent l'inclusion et la participation de tous les membres de la communauté. En intégrant les voix des femmes et en reconnaissant leur rôle central, les politiques publiques peuvent contribuer à une meilleure gestion des ressources et à une plus grande résilience face aux défis environnementaux. Ainsi, l'étude de Guet Ndar ne se limite pas à une simple analyse locale, mais s'inscrit dans un débat plus large sur la durabilité et l'équité dans les sociétés côtières de l'Afrique de l'Ouest.
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Sources et accès
Delphine Durand Sall. L’habiter à Guet Ndar : espace, genre et parenté dans un quartier de pêcheurs Wolof à Saint-Louis (Sénégal). Sociologie. Université de Nanterre - Paris X, 2025. Français. ⟨NNT : 2025PA100078⟩. ⟨tel-05689203⟩
