Publié le 9 février 2026·7 min de lecture·★ LABEL STAR
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Au sein de CLERSÉ, Ollibo Arnaud Gouekou a exploré les défis des petits entrepreneurs en Côte d'Ivoire.

L'Essentiel : Au sein de CLERSÉ, Ollibo Arnaud Gouekou a exploré les défis des petits entrepreneurs en Côte d'Ivoire.

Ollibo Arnaud Gouekou, chercheur·e au sein de CLERSÉ (Université de Lille).

Thèse soutenue en 2025 à l'école doctorale École doctorale Sciences économiques, sociales, de l'aménagement et du management (Lille ; 1992-....).

Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.

L'économie ivoirienne, riche de sa diversité et de son dynamisme, est marquée par la présence d'un grand nombre de petits entrepreneurs. Ces derniers, véritables piliers de l'économie locale, sont souvent confrontés à des défis majeurs qui mettent en péril leur survie. Une étude récente a mis en lumière la mortalité alarmante des PME et TPE, révélant que 80 % d'entre elles font faillite avant d'atteindre leurs cinq ans d'existence. Ce constat soulève des questions cruciales sur les modalités d'acquisition du capital culturel, un facteur déterminant pour la pérennité de ces entreprises. En effet, le capital culturel, qui englobe les compétences, les savoir-faire et les réseaux sociaux, est essentiel pour naviguer dans le paysage entrepreneurial complexe de la Côte d'Ivoire.

Les petits entrepreneurs, souvent issus de milieux défavorisés, ont généralement un niveau d'études bas, ce qui limite leur accès à des ressources et à des réseaux d'affaires. Par exemple, un jeune diplômé d'une université locale peut avoir plus de facilité à se connecter avec des investisseurs ou à accéder à des formations professionnelles que quelqu'un qui n'a pas eu la chance de poursuivre des études supérieures. Pourtant, ces entrepreneurs possèdent un capital culturel incorporé, qui peut être un atout dans leur parcours entrepreneurial. Ce capital, bien que souvent sous-estimé, peut se traduire par une connaissance approfondie des besoins du marché local, une capacité d'adaptation et une résilience face aux défis.

Trois modalités d'acquisition du capital culturel ont été identifiées : la modalité communautaire, celle des réseaux, et la bifurcation. La modalité communautaire est souvent adoptée par les petits commerçants traditionnels, qui s'appuient sur leur communauté d'origine pour développer leur activité. Ce modèle repose sur des liens sociaux forts et une certaine forme de solidarité. Par exemple, un vendeur de fruits et légumes peut compter sur le soutien de ses voisins pour écouler sa marchandise, créant ainsi un cercle vertueux. Cependant, cette modalité peut également conduire à une forme de monopolisation des activités au sein de la communauté, où seuls quelques individus dominent le marché, limitant ainsi les opportunités pour d'autres entrepreneurs.

La modalité des réseaux, quant à elle, concerne principalement les petits commerçants en ligne et les artisans. Ces entrepreneurs utilisent la sociabilité en ligne et les compétences technologiques pour s'adapter aux besoins du marché. Par exemple, un artisan du cuir peut promouvoir ses produits sur les réseaux sociaux, atteignant ainsi une clientèle bien au-delà de sa localité. Ils cherchent à diversifier leurs sources de revenus en s'engageant dans des activités moins contraignantes, comme la vente en ligne ou la création de partenariats avec d'autres artisans. Cette approche leur permet non seulement de se faire connaître, mais aussi de bénéficier d'une plus grande flexibilité dans leurs opérations.

Enfin, la modalité de bifurcation est celle des petits transformateurs de matières premières, qui utilisent leur parcours professionnel et leur ethos entrepreneurial pour innover et saisir de nouvelles opportunités. Par exemple, un agriculteur peut décider de transformer ses produits en confitures ou en jus, créant ainsi une valeur ajoutée et répondant à une demande croissante pour des produits locaux et naturels. Cette capacité à innover est souvent le résultat d'un mélange de savoir-faire traditionnel et de nouvelles compétences acquises au fil du temps.

Cette étude soulève des questions sur la manière dont les décideurs peuvent soutenir ces petits entrepreneurs. Comment peuvent-ils favoriser l'accès à l'éducation et à la formation pour renforcer le capital culturel ? Quelles politiques publiques pourraient être mises en place pour encourager la création de réseaux d'entraide entre entrepreneurs ? Par exemple, des programmes de mentorat ou des ateliers de formation pourraient être instaurés pour aider les jeunes entrepreneurs à développer leurs compétences et à élargir leur réseau. La réponse à ces questions est cruciale pour améliorer la survie des PME et TPE en Côte d'Ivoire et, par extension, pour dynamiser l'économie locale.

En conclusion, il est impératif d'explorer ces modalités d'acquisition du capital culturel et de réfléchir à des solutions adaptées pour soutenir les petits entrepreneurs. La pérennité de ces entreprises ne dépend pas uniquement de facteurs économiques, mais également de la capacité à mobiliser des ressources culturelles et sociales. En investissant dans le capital culturel des entrepreneurs, la Côte d'Ivoire pourrait non seulement réduire le taux de mortalité des PME, mais aussi favoriser un écosystème entrepreneurial plus inclusif et durable, capable de résister aux aléas économiques et de contribuer à la prospérité de l'ensemble du pays.

Données clés

  • 80 % : des PME/TPE font faillite avant 5 ans, illustrant la fragilité du secteur.

Accéder à l'étude complète

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Sources et accès

Ollibo Arnaud Gouekou. Les petits entrepreneurs en Côte d'Ivoire : modalités d'acquisition du capital culturel incorporé. Sociologie. Université de Lille, 2025. Français. ⟨NNT : 2025ULILA014⟩. ⟨tel-05545046⟩