Au sein de LINCS, Anoumou Mawa Allyn a exploré la mixité du savoir chez les Guin-Mina du Togo.
L'Essentiel : Au sein de LINCS, Anoumou Mawa Allyn a exploré la mixité du savoir chez les Guin-Mina du Togo.
Anoumou Mawa Allyn, chercheur·e au sein de LINCS (Université de Strasbourg).
Thèse soutenue en 2024 à l'école doctorale École doctorale Sciences humaines et sociales – Perspectives européennes (Strasbourg ; 2009-....).
Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.
La thèse d'Anoumou Mawa Allyn sur la mixité du savoir chez les Guin-Mina du Togo soulève des questions fondamentales sur l'éducation, un sujet d'une importance cruciale dans le contexte actuel. Comment les Guin-Mina, avec leur riche héritage culturel, intègrent-ils l'éducation domestique et l'instruction scolaire d'origine occidentale ? Cette recherche ethnologique révèle que ces deux systèmes éducatifs, souvent perçus comme opposés, se complètent et s'enrichissent mutuellement, créant ainsi un modèle unique d'apprentissage qui mérite d'être exploré en profondeur.
Les Guin-Mina, qui comptent environ 542 600 habitants, ont une relation historique complexe avec l'école, marquée par des influences coloniales et postcoloniales. Ils voient l'éducation comme un outil de savoir-pouvoir, influençant leur statut économique et social. En effet, l'éducation domestique, qui se concentre sur les valeurs culturelles et communautaires, est tout aussi cruciale que l'instruction formelle. Cette dualité mérite une attention particulière dans les politiques éducatives actuelles, car elle reflète la réalité vécue par de nombreuses communautés en Afrique de l'Ouest.
L'étude met en lumière plusieurs résultats clés : la mixité du savoir enrichit les compétences des Guin-Mina, et leur perception de l'école est profondément ancrée dans leur identité culturelle. Par exemple, les enfants apprennent non seulement à lire et à écrire, mais aussi à respecter les traditions, à comprendre l'importance de la solidarité et à valoriser leur héritage. Ces compétences, souvent négligées dans les systèmes éducatifs formels, sont essentielles pour le développement d'une société cohésive.
Les politiques éducatives doivent donc valoriser l'éducation domestique pour une meilleure intégration des savoirs. Cela pourrait se traduire par des programmes qui incluent des éléments de la culture locale dans le curriculum scolaire, permettant ainsi aux élèves de se sentir connectés à leurs racines tout en acquérant des compétences modernes. Par exemple, l'introduction de cours sur les langues locales, les arts traditionnels ou l'histoire des Guin-Mina pourrait renforcer cette connexion.
Il est temps de réévaluer nos approches éducatives. Pourquoi ne pas intégrer les valeurs humaines fondamentales dans les programmes scolaires ? Comment les décideurs peuvent-ils reconnaître l'éducation domestique comme un complément essentiel à l'instruction scolaire ? Ces questions doivent guider les réformes éducatives en Afrique de l'Ouest, où la nécessité d'un système éducatif inclusif et respectueux des diversités culturelles est de plus en plus pressante.
En somme, cette recherche offre une perspective précieuse sur les dynamiques éducatives en Afrique, soulignant l'importance d'une approche intégrative qui respecte et valorise les savoirs traditionnels tout en s'ouvrant aux influences modernes. En intégrant ces diverses formes de savoir, non seulement nous enrichissons l'éducation des enfants Guin-Mina, mais nous contribuons également à la construction d'une société plus équilibrée et plus juste.
Il est impératif que les acteurs éducatifs, qu'ils soient enseignants, décideurs ou membres de la communauté, collaborent pour créer un environnement d'apprentissage qui reflète cette mixité du savoir. Les expériences des Guin-Mina peuvent servir de modèle pour d'autres communautés en Afrique de l'Ouest, où la préservation de l'identité culturelle et l'accès à une éducation de qualité sont des enjeux majeurs. Ainsi, cette thèse ne se limite pas à une analyse locale, mais ouvre un débat plus large sur l'avenir de l'éducation en Afrique, où la diversité des savoirs doit être célébrée et intégrée.
Données clés
- 542 600 : Population estimée des Guin-Mina en 2010, illustrant l'ampleur de la communauté étudiée.
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Sources et accès
Anoumou Mawa Allyn. Mixité du savoir : une ethnologie de l’éducation en pays Guin-Mina du sud-est Togo. Sociologie. Université de Strasbourg, 2024. Français. ⟨NNT : 2024STRAG011⟩. ⟨tel-05020373⟩
