Au sein de Ceped - UMR 196, Grégory Giraud a analysé le financement multilatéral de l'enseignement supérieur en Afrique de l'Ouest et Centrale.
L'Essentiel : Au sein de Ceped - UMR 196, Grégory Giraud a analysé le financement multilatéral de l'enseignement supérieur en Afrique de l'Ouest et Centrale.
Grégory Giraud, chercheur·e au sein de Ceped - UMR 196 (Institut de Recherche pour le Développement).
Thèse soutenue en 2025 à l'école doctorale École doctorale Sciences des sociétés (Paris ; 2019-....).
Référencée dans le réseau ABES/STAR, cette thèse répond aux critères de rigueur de l'enseignement supérieur français.
Contexte et Problématique
L'enseignement supérieur en Afrique de l'Ouest et Centrale est confronté à un ensemble complexe de défis structurels. Le sous-financement des infrastructures académiques et des équipes de recherche a conduit à un écosystème fragile, qui peine à répondre aux besoins croissants d'une population estudiantine en forte augmentation. En parallèle, le décalage entre les formations proposées et les exigences du marché de l'emploi se traduit par un taux de chômage élevé parmi les diplômés. Ce phénomène est aggravé par une pénurie de personnel qualifié et un manque de coordination entre les différentes parties prenantes, dont les institutions académiques, les bailleurs de fonds et les gouvernements.
Face à ces enjeux, le programme des Centres d'Excellence Africains (ACE) a été lancé en 2014 par la Banque mondiale et l'Agence française de développement. Ce programme a pour objectif d'améliorer la qualité de la recherche et de l'enseignement dans onze pays de la région : Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Djibouti, Gambie, Ghana, Guinée, Niger, Nigéria, Sénégal et Togo. L'analyse des mécanismes d'appropriation et d'implémentation de ce programme par les différentes parties prenantes représente une opportunité d'explorer des pistes de solution pour renforcer l'enseignement supérieur en Afrique de l'Ouest et Centrale.
Méthodologie
L'étude adoptée dans cette thèse repose sur une approche socio-anthropologique, visant à comprendre les dynamiques d'interaction entre les acteurs impliqués dans le programme ACE. Des méthodes qualitatives, telles que des entretiens semi-directifs et des observations de terrain, ont été mises en œuvre pour recueillir des données auprès d'un échantillon représentatif de parties prenantes, y compris des responsables institutionnels, des bénéficiaires du programme et des représentants des bailleurs de fonds.
L'analyse des données s'est concentrée sur les perceptions des acteurs concernant les réussites et les défis rencontrés dans l'application du programme. Les résultats ont été triangulés avec des données quantitatives disponibles sur les indicateurs de performance des centres d'excellence, permettant ainsi une évaluation plus intégrée des impacts du programme sur le paysage de l'enseignement supérieur dans la région.
Résultats Principaux
Les résultats préliminaires de l'étude indiquent que le programme ACE a permis des avancées significatives dans certains centres d'excellence, en particulier en matière de renforcement des capacités d'enseignement et d'amélioration des infrastructures de recherche. Des initiatives ciblées ont conduit à une augmentation du nombre de publications scientifiques, ainsi qu'à une meilleure visibilité internationale des centres impliqués. Cependant, des obstacles structurels persistent, notamment le manque de personnel qualifié, le sous-financement continu et une gouvernance parfois inefficace.
Les défis identifiés dans la mise en œuvre du programme incluent une faible coordination entre les institutions partenaires et les bailleurs de fonds, ainsi qu'une disparité dans l'appropriation des ressources mises à disposition. Certains centres ont réussi à s'adapter aux exigences du programme, tandis que d'autres ont rencontré des difficultés à mobiliser les ressources nécessaires pour atteindre les objectifs fixés. Ces résultats soulignent la nécessité d'une approche systémique et d'une collaboration renforcée entre tous les acteurs impliqués pour maximiser l'impact du financement multilatéral.
Discussion et Perspectives
L'analyse des résultats du programme ACE met en lumière l'importance d'une gouvernance efficace et d'une gestion de la qualité dans l'enseignement supérieur. La diversité des contextes nationaux et institutionnels offre des pistes de réflexion sur l'adaptation des mécanismes de financement et de mise en œuvre des programmes. Les recommandations issues de cette recherche suggèrent que les décisions politiques doivent être fondées sur une compréhension approfondie des dynamiques locales et des besoins spécifiques des institutions de recherche.
Les résultats de cette thèse ouvrent des perspectives pour des recherches futures sur le financement multilatéral, en explorant notamment les modèles de collaboration qui favorisent l'appropriation locale des ressources et des savoirs. Une attention particulière devrait être portée à l'évaluation des impacts à long terme des initiatives de financement sur l'enseignement supérieur et la recherche en Afrique de l'Ouest et Centrale, ainsi qu'à l'identification de nouvelles stratégies pour renforcer la durabilité des centres d'excellence.
Ces réflexions soulignent la nécessité d'un engagement renouvelé des bailleurs de fonds et des gouvernements dans le soutien à l'enseignement supérieur, afin de garantir un avenir durable pour la recherche et l'éducation dans cette région en pleine mutation.
Accéder à l'étude complète
Sources et accès
Grégory Giraud. Financement multilatéral de l'enseignement supérieur et de la recherche en Afrique de l'Ouest et Centrale : le cas d'étude du programme des centres d'excellence africains soutenus par la Banque mondiale et l'Agence Française de Développement : une perspective socio-anthropologique dans les coulisses des Centres d’Excellence soutenus par la Banque mondiale et l’Agence française de développement dans onze pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale. Sociologie. Université Paris Cité, 2025. Français. ⟨NNT : 2025UNIP7067⟩. ⟨tel-05527344⟩
